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France : les lycéens de nouveau dans la rue mardi pour un acte V du mouvement

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 j

De source policière, entre 130 000 et 200 000 personnes sont attendues au total mardi dans les rues..

Nouvelle mobilisation

Les lycéens français organisent une nouvelle journée de manifestations mardi, appelée acte V, estimant que leurs revendications n’ont pas été suffisamment prises en compte par le gouvernement. Ils dénoncent notamment le manque de moyens alloués aux lycées et la plateforme d’orientation Parcoursup, qu’ils souhaitent voir supprimée. Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large, qui s’étend depuis mi-septembre en région parisienne avant de gagner tout le pays. Les manifestants espèrent aussi rejoindre la mobilisation contre la hausse du coût de la vie, prévue samedi au début des vacances de la Toussaint. À Paris, deux rassemblements sont prévus : l’un partant de la place d’Italie vers les Invalides, l’autre, non déclaré, de l’Hôtel de Ville vers Matignon, siège du premier ministre. Les organisateurs anticipent une participation importante, avec des milliers de personnes attendues dans la capitale et entre 130 000 et 200 000 dans tout le pays.

Revendications principales

Les lycéens réclament plusieurs mesures, dont la suppression de la plateforme Parcoursup, un système en ligne centralisant les vœux d’orientation des élèves après le baccalauréat. Ils demandent également un plan d’investissement de 10 milliards d’euros pour rénover et moderniser les lycées, ainsi que la résolution des problèmes liés aux emplois du temps surchargés et aux locaux délabrés. Ces revendications s’appuient sur une plateforme de concertation lancée par le gouvernement, où près des trois quarts des contributions concernent les emplois du temps et la moitié les bâtiments. Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon soutient publiquement l’abolition de Parcoursup. Le gouvernement a répondu en proposant des amendements au budget 2027, mais ces propositions ne satisfont pas les organisations lycéennes, qui les jugent insuffisantes.

Réponse gouvernementale

Face à la mobilisation, le gouvernement français a d’abord privilégié une réponse sécuritaire, avec le déploiement de forces de l’ordre pour maintenir l’ordre dans les lycées. Cependant, des violences ont persisté, entraînant des blessures graves, comme un mineur ayant perdu une main et un autre un œil. Depuis, l’exécutif tente une approche plus politique. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé le déploiement urgent de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus touchés, une mesure qui a déjà commencé selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a également évoqué des amendements au budget 2027 reprenant certaines propositions issues de la plateforme de concertation. Malgré ces initiatives, les lycéens restent critiques, estimant que les réponses du gouvernement ne correspondent qu’à des « miettes ».

Contexte et enjeux

Ce mouvement lycéen s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales en France, avec une mobilisation contre la vie chère prévue samedi. Le gouvernement espère une décélération des manifestations à l’approche des vacances de la Toussaint, mais les organisateurs anticipent une jonction avec d’autres groupes, comme des parents d’élèves et des travailleurs. À ce stade, 96,5 % des établissements scolaires étaient ouverts lundi, avec seulement 130 fermés, contre 172 vendredi, selon le ministère de l’Éducation. Cependant, le nombre d’établissements perturbés par des blocages n’est pas communiqué. Le président Emmanuel Macron a appelé à des manifestations « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect des personnes et des biens », une demande rare de sa part depuis le début du mouvement. Les violences, bien que moins nombreuses, restent un sujet de préoccupation pour les autorités.

Ce que ça pourrait changer

Les manifestations de la semaine dernière ont rassemblé entre 266 000 et 450 000 personnes en France, dont entre 56 000 et 100 000 à Paris, selon les sources. Pour l’*acte V*, les autorités estiment entre 130 000 et 200 000 manifestants dans tout le pays. Les rassemblements de jeudi ont réuni 71 500 personnes selon le ministère de l’Intérieur. Côté violences, au moins huit personnels de l’Éducation nationale ont été blessés lundi. Le gouvernement a déployé 3 000 professeurs remplaçants pour répondre aux perturbations dans les lycées. Les revendications portent sur un investissement de 10 milliards d’euros, tandis que le gouvernement propose des amendements au budget 2027 sans préciser leur montant. Ces chiffres illustrent l’ampleur du mouvement et l’intensité des échanges entre les lycéens et les autorités.

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