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Géopolitique

Bachar El-Assad condamné à mort par contumace en Syrie, un “jugement historique”

Courrier International · mis à jour il y a 19 j

L’ex-président syrien, son frère Maher et d’autres caciques du régime déchu ont été condamnés ce mardi à la peine de mort par contumace, la plupart étant réfugiés à l’étranger. Seul à comparaître, l’ancien chef de la sécurité de Deraa Atef Najib a aussi été condamné à mort.

Condamnation historique

Un tribunal de Damas a condamné à mort par contumace Bachar El-Assad, son frère Maher et d’autres responsables du régime syrien déchu. La condamnation par contumace signifie qu’ils sont jugés en leur absence, car ils ne sont pas présents physiquement dans le pays. Bachar El-Assad, qui a dirigé la Syrie depuis 2000, et sa famille vivent aujourd’hui à Moscou, en Russie, après avoir fui le pays en 2024 lorsque leur régime a été renversé par une coalition rebelle islamiste. Cette condamnation est qualifiée de jugement historique par les autorités de transition syriennes, car elle marque la première étape d’une justice transitionnelle visant à établir la vérité et la responsabilité pour les crimes commis pendant la guerre civile syrienne.

Crimes reprochés

Les condamnations concernent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment pour la répression brutale du soulèvement de 2011 à Deraa, une ville du sud de la Syrie. Le tribunal a accusé Bachar El-Assad d’être le plus haut décideur de l’appareil d’État responsable de ces crimes, tandis que son frère Maher, ancien chef de la 4e division blindée de l’armée syrienne, est également visé pour son rôle dans la répression. Atef Najib, cousin de Bachar El-Assad et ancien chef de la sécurité politique à Deraa, a été le seul accusé à comparaître en personne lors du procès. Il a été condamné pour avoir ordonné des meurtres avec préméditation, des arrestations arbitraires et des actes de torture sur des prisonniers, incluant des méthodes comme les décharges électriques ou l’arrachage d’ongles.

Procès et réactions

Le procès s’est ouvert le 26 avril 2026 et s’est terminé le 11 août 2026 avec ces condamnations. Seuls Atef Najib et d’autres officiers de sécurité ont été jugés en personne, tandis que les autres accusés, comme Bachar El-Assad et son frère, étaient absents. Le tribunal a également condamné à mort par contumace l’ancien ministre de la Défense Fahd Al-Freij et plusieurs officiers de haut rang aujourd’hui en fuite. Les autorités de transition syriennes ont salué cette décision comme une étape importante sur la voie de la justice, de l’équité pour les victimes et de la consolidation de l’État de droit. Abdel Basset Abdel Latif, chef de l’Autorité nationale de justice transitionnelle, a souligné que ce jugement n’était pas la fin du processus, mais une avancée significative pour les victimes et la société syrienne.

Ce que ça pourrait changer

La condamnation intervient dans un contexte de transition politique en Syrie. Bachar El-Assad et son régime ont été renversés fin 2024 par une coalition rebelle islamiste, mettant fin à plus de quatre décennies de pouvoir de la famille Assad. Depuis, les nouvelles autorités syriennes tentent de reconstruire le pays et de rétablir un système judiciaire indépendant. Cette condamnation s’inscrit dans le cadre de la *justice transitionnelle*, un processus visant à faire face aux crimes du passé pour favoriser la réconciliation nationale. Les mandats d’arrêt émis contre les condamnés montrent la volonté des autorités de faire appliquer ces jugements, même si leur exécution réelle dépendra des relations internationales et des capacités des nouvelles institutions syriennes.

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