Bachar El-Assad condamné à mort par contumace en Syrie, un “jugement historique”
La condamnation à mort par contumace de Bachar El-Assad et de plusieurs hauts responsables du régime syrien par un tribunal de Damas marque un tournant symbolique dans la transition politique du pays, après la chute du régime en 2024. Ce verdict, présenté comme une « étape historique » par les autorités de transition, interroge cependant sur sa portée réelle, alors que les principaux accusés vivent en exil et que les mécanismes de la justice transitionnelle syrienne restent fragiles.
Quels crimes ont été retenus contre Bachar El-Assad et les autres condamnés ?
Le tribunal syrien a retenu des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment pour la répression sanglante de la contestation à Deraa en 2011, où Atef Najib, seul accusé présent lors du procès, est accusé d’avoir ordonné des meurtres avec préméditation, des arrestations arbitraires et des actes de torture systématiques, comme des décharges électriques ou l’arrachage d’ongles. Bachar El-Assad, en tant que chef suprême de l’État, est jugé responsable en tant que « plus haut décideur » de l’appareil répressif.
Pourquoi ce procès est-il qualifié de « historique » par les autorités syriennes ?
Il s’agit des premiers jugements rendus contre des membres du régime déchu dans le cadre d’une justice transitionnelle, après la chute du pouvoir d’Assad fin 2024. Les autorités de transition y voient une avancée vers la consolidation de l’État de droit et une réponse aux victimes, bien que le caractère symbolique de ces condamnations par contumace — les accusés étant en exil — limite leur impact concret.
Quelle est la situation actuelle des condamnés et des autorités judiciaires syriennes ?
Bachar El-Assad et son frère Maher, ainsi que d’autres hauts responsables comme l’ancien ministre de la Défense Fahd Al-Freij, sont réfugiés à l’étranger, notamment à Moscou. Seuls Atef Najib, présent derrière les barreaux, et d’autres officiers de moindre rang ont été jugés. Les condamnés font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, mais leur exécution dépendra de leur arrestation future, peu probable dans l’immédiat.
Ce que ça pourrait changer
Ce verdict pourrait renforcer la légitimité des autorités de transition syriennes en démontrant leur volonté de rompre avec l’impunité du régime précédent, mais son impact réel dépendra de la capacité à traduire ces condamnations en actes concrets, notamment via des collaborations internationales. Il risque aussi d’être instrumentalisé politiquement, tant par le pouvoir en place que par ses détracteurs, pour justifier des narratifs divergents sur l’avenir de la Syrie.

