Interfaces : le framework WinUI de Microsoft devient pleinement open source
WinUI est désormais un projet entièrement hébergé dans un dépôt GitHub, les ingénieurs de Microsoft y travaillant directement. Les travaux devraient donc accélérer et les prétentions de l’entreprise sont nombreuses, mais elle a souvent agacé les développeurs avec sa feuille de route incohérente.
Fin août 2026, Microsoft a finalisé la transition de WinUI vers un modèle entièrement open source. WinUI est un framework (ensemble d'outils logiciels) développé par Microsoft pour concevoir les interfaces graphiques des applications sous Windows. Jusqu’alors, son code était partiellement public : Microsoft utilisait GitHub comme un miroir, c’est-à-dire qu’il y publiait le code après l’avoir développé en interne, sans intégrer les contributions externes. Désormais, le développement se fait directement sur GitHub, avec une traçabilité complète des modifications. La licence MIT, déjà en place depuis décembre 2018, n’a pas changé, mais le processus de création devient collaboratif. Cependant, deux limites persistent : les contributions externes ne sont pas encore acceptées, et le compilateur XAML, un outil essentiel pour WinUI, reste fermé. Microsoft prévoit de le moderniser avant de l’ouvrir à la communauté, sans donner de date précise.
Cette transition s’inscrit dans une stratégie plus large de Microsoft pour promouvoir WinUI comme plateforme native de Windows 11. L’entreprise a abandonné l’appellation « WinUI 3 » pour éviter toute confusion sur une future rupture technologique. Depuis plusieurs mois, Microsoft met en avant les performances et les interfaces natives de Windows 11, notamment à travers l’initiative « K2 ». L’objectif est d’utiliser ses propres technologies, comme WinUI, pour des éléments clés comme le menu Démarrer, actuellement développé avec React Native. Cette approche vise à réduire la dépendance à des frameworks tiers et à uniformiser l’expérience utilisateur. Cependant, la communauté des développeurs reste prudente, en raison de l’historique de Microsoft avec des technologies comme WinRT ou UWP, qui ont souvent été abandonnées ou modifiées radicalement.
Microsoft mise sur WinUI pour accélérer son développement, mais le framework doit encore relever plusieurs défis. Les critiques portent notamment sur des performances jugées insuffisantes pour une solution « native », malgré des travaux en cours pour les améliorer. Un autre reproche récurrent concerne le manque de cohérence entre les différentes versions de WinUI (UWP, WinUI 2 et WinUI 3), avec des fonctionnalités manquantes ou incompatibles entre elles. Par exemple, un bug connu depuis deux ans provoque des plantages d’applications utilisant à la fois WinUI 3 et le trimming (une technique pour réduire la taille des exécutables en supprimant le code inutilisé). Ce problème est lié à un conflit avec le fonctionnement de XAML, qui repose sur la réflexion à l’exécution, c’est-à-dire la capacité d’un programme à analyser et modifier son propre code pendant son exécution.
La communauté des développeurs observe ces changements avec un mélange d’espoir et de scepticisme. D’un côté, Microsoft semble montrer une volonté sincère de collaboration, avec un calendrier globalement respecté et une transparence accrue sur le développement. De l’autre, l’historique de l’entreprise en matière d’interfaces graphiques ne plaide pas en sa faveur. Les développeurs pointent du doigt des promesses non tenues, des technologies abandonnées et un manque de parité fonctionnelle entre les versions de WinUI. Les tickets ouverts sur GitHub, comme celui concernant le bug de plantage avec le *trimming*, illustrent les défis techniques restants. Microsoft est donc attendue au tournant, d’autant plus que WinUI est désormais présenté comme la pierre angulaire des interfaces de Windows 11.

