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Marchandes d'art de l'entre-deux-guerres/Comment s'écrivent les colonisations ?/Histoire et cinéma : la défaite de 1940

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 7 j

Émission spéciale des Matins de France Culture en direct et en public au Rendez-vous de l’Histoire de Blois..

Émission spéciale à Blois

Le 9 octobre 2026, France Culture a diffusé une émission spéciale des Matins en direct et en public depuis les Rendez-vous de l’Histoire de Blois, un événement annuel dédié à la promotion de l’histoire et de la recherche historique. Cette édition a réuni plusieurs experts pour discuter de trois thèmes principaux : l’histoire des marchandes d’art à Paris dans l’entre-deux-guerres (1918-1939), la représentation des colonisations dans l’histoire et les récits postcoloniaux, ainsi que la défaite de la France en 1940 au cinéma et dans l’histoire. L’émission a été animée par Margot Delpierre et a accueilli des intervenants comme Julian Jackson, historien britannique spécialiste de la France du XXe siècle, Emmanuelle Saada, historienne et sociologue à l’université Columbia, et Olivia Delporte, doctorante à l’université de Tours.

Les marchandes d'art à Paris

Olivia Delporte, doctorante à l’université de Tours, a présenté une recherche sur les marchandes d’art à Paris entre les deux guerres mondiales. Ces femmes, souvent méconnues, ont joué un rôle clé dans le marché de l’art en tant qu’intermédiaires, collectionneuses ou galeristes. Leur activité reflète les transformations sociales et économiques de l’époque, marquée par une plus grande visibilité des femmes dans des secteurs traditionnellement masculins. Paris, capitale culturelle mondiale, était un terrain propice à leur épanouissement. Cette étude s’inscrit dans une démarche de réhabilitation de figures féminines effacées par l’histoire, en s’appuyant sur des archives et des témoignages pour reconstituer leurs parcours. L’entre-deux-guerres, période de prospérité relative avant la Grande Dépression, a vu émerger de nouvelles dynamiques dans le monde de l’art, où ces femmes ont pu négocier des prix, organiser des expositions et influencer les tendances.

Colonisations et récits historiques

Emmanuelle Saada, historienne et sociologue à l’université Columbia, a abordé la question de la colonisation à travers le prisme des récits historiques et de leur héritage contemporain. Elle a souligné comment les récits de la conquête coloniale, souvent écrits par les puissances européennes, ont façonné une vision biaisée de l’histoire. Son travail explore les mécanismes de légitimation de la colonisation, ainsi que les résistances et les réinterprétations postcoloniales. En 2026, elle a publié Histoires et colonisations. Des récits de la conquête aux héritages postcoloniaux aux éditions Gallimard, un ouvrage qui analyse comment ces récits ont évolué et comment ils influencent encore les débats sur la mémoire coloniale. L’autrice met en lumière les silences, les omissions et les réappropriations de l’histoire coloniale par les sociétés anciennement colonisées.

La défaite de 1940 au cinéma

Julian Jackson, historien britannique et professeur à Queen Mary University of London, a discuté de la défaite française de 1940 et de sa représentation au cinéma, notamment à travers le film Notre salut d’Emmanuel Marre, sorti en salles le 30 septembre 2026. Jackson, auteur de La Chute. France, 1940 (Seuil, 2026), a expliqué comment cette période a été mythifiée ou minimisée dans l’historiographie française. Le film d’Emmanuel Marre, qui s’inspire de faits réels, tente de restituer la complexité de cet événement, souvent réduit à une simple défaite militaire. La discussion a porté sur les défis de la narration cinématographique pour rendre compte d’un événement aussi traumatique, ainsi que sur les enjeux de mémoire et de réconciliation avec ce passé. Le film Notre salut illustre cette volonté de donner une voix aux acteurs oubliés de cette période, comme les civils ou les soldats ordinaires.

Ce que ça pourrait changer

Éric Alary, professeur de chaire supérieure en khâgne et président du Centre Européen de Promotion de l’Histoire, a partagé les raisons du succès des *Rendez-vous de l’Histoire* de Blois, un festival qui attire chaque année des milliers de visiteurs et de chercheurs. Selon lui, cet événement se distingue par son approche grand public, accessible et pluridisciplinaire, mêlant histoire, sciences sociales et débats contemporains. Le festival, organisé depuis plusieurs décennies, est devenu un lieu de rencontre incontournable pour les historiens, les enseignants et le public intéressé par l’histoire. Alary a souligné l’importance de la médiation scientifique pour rendre l’histoire vivante et pertinente, notamment en invitant des chercheurs internationaux et en proposant des formats variés, comme des débats, des conférences ou des projections de films.

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