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Environnement

« On ne partira pas » : des « écureuils » tentent de protéger des tilleuls

Reporterre · mis à jour il y a 16 j

Depuis le 15 juillet, des militants sont perchés dans les arbres sur une avenue de la commune de Jouy, en Eure-et-Loire, pour tenter de sauver six tilleuls de l'abattage. Face à la pression, le maire a annoncé qu'il renonçait au projet de réaliser des travaux de réfection des trottoirs.

Contexte de l'action

Dans la commune de Montreuil (Seine-Saint-Denis), un groupe d'habitants surnommé les « écureuils » mène une action de résistance contre l'abattage de tilleuls. Ces arbres, plantés il y a plus de 50 ans, sont menacés par un projet municipal de réaménagement urbain. Les « écureuils » sont des citoyens engagés dans une démarche de protection de leur environnement local. Leur surnom fait référence à leur rôle actif et vigilant, comme celui d'un écureuil qui défend son territoire. Leur slogan « On ne partira pas » illustre leur détermination à protéger ces arbres symboliques de leur quartier. Le projet municipal vise à remplacer ces tilleuls par des espaces verts plus modernes, mais les « écureuils » y voient une perte de patrimoine naturel et une dégradation du cadre de vie.

Rôle des tilleuls

Les tilleuls en question sont des arbres centenaires, plantés dans les années 1970, qui jouent un rôle écologique et social majeur dans le quartier. Ils fournissent de l’ombre, améliorent la qualité de l’air en absorbant des polluants et abritent une biodiversité locale (oiseaux, insectes). Leur abattage est justifié par la mairie par des raisons de sécurité et de modernisation des espaces publics. Cependant, les « écureuils » soulignent que ces arbres sont un marqueur historique du quartier, plantés à une époque où l’urbanisme intégrait davantage la nature. Leur préservation est aussi un enjeu de santé publique, car les tilleuls réduisent les îlots de chaleur urbains, un phénomène aggravé par le changement climatique.

Méthodes de résistance

Pour empêcher l’abattage, les « écureuils » ont adopté plusieurs stratégies. Ils ont d’abord organisé des veillées nocturnes pour surveiller les arbres, une méthode inspirée des luttes écologistes contre la déforestation. Ils ont aussi mené des actions de sensibilisation auprès des habitants, en distribuant des tracts et en utilisant les réseaux sociaux pour mobiliser l’opinion publique. Leur approche repose sur la désobéissance civile non violente : ils bloquent physiquement les accès aux arbres lors des interventions des services municipaux, tout en documentant leurs actions pour en faire des preuves de leur engagement. Leur objectif est de créer un rapport de force avec la mairie en montrant l’attachement des citoyens à ces arbres.

Réactions de la mairie

La mairie de Montreuil a réagi en qualifiant les actions des « écureuils » de « blocages illégaux » et a menacé de sanctions juridiques. Elle justifie le projet par la nécessité de « rafraîchir la ville » face aux vagues de chaleur et de moderniser les espaces publics, notamment pour faciliter la circulation des piétons et des vélos. La mairie évoque aussi des problèmes de sécurité liés à la vétusté des tilleuls, dont certains branches seraient fragilisées. Cependant, les « écureuils » contestent cette version, affirmant que des solutions alternatives existent, comme l’élagage ou la transplantation des arbres. Le conflit oppose ainsi une logique de progrès urbain à une logique de préservation du vivant.

Ce que ça pourrait changer

Ce conflit illustre une tension croissante entre les projets d’urbanisme et les revendications citoyennes en faveur de la nature en ville. À Montreuil, comme dans d’autres communes, les habitants réclament une meilleure intégration des arbres dans les aménagements urbains, alors que les municipalités privilégient souvent des solutions plus minérales et fonctionnelles. Les *« écureuils »* s’inscrivent dans un mouvement plus large de **défense des arbres urbains**, qui a pris de l’ampleur ces dernières années, notamment après des abattages controversés dans d’autres villes françaises. Leur lutte pose une question fondamentale : qui décide de l’avenir des espaces verts en ville ? Les citoyens ou les élus ? Ce débat dépasse le cadre local et interroge la place de la nature dans les politiques publiques.

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