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Un nouvel outil pour modifier plusieurs sites du génome à la fois

France Culture - Savoirs · mis à jour 22 sept.

Dans la revue Nature, des chercheurs ont proposé une nouvelle technique d'édition génétique capable d'insérer de longs fragments d'ADN de manière très précise..

Édition génétique classique

Depuis plusieurs décennies, les scientifiques savent modifier l’ADN, mais avec des limites importantes. Jusqu’en 2013, les techniques d’édition génétique permettaient d’ajouter des séquences d’ADN dans des cellules, sans contrôle précis sur leur insertion. Cela signifiait que les modifications pouvaient se produire n’importe où dans le génome, sans garantie de résultat. En 2013, une avancée majeure a eu lieu avec le développement de la technique CRISPR-Cas9. Cette méthode, récompensée par un prix Nobel en 2020, permet de modifier l’ADN de manière ciblée et précise, en changeant l’ordre des lettres du code génétique. Le génome est composé de molécules d’ADN, formées de deux brins enroulés en hélice, constitués de quatre bases azotées symbolisées par les lettres A, T, C et G. L’enchaînement de ces lettres forme le code génétique, qui détermine la production de protéines, essentielles au fonctionnement des cellules.

Limites de CRISPR-Cas9

Malgré ses avancées, la technique CRISPR-Cas9 présente deux inconvénients majeurs. D’abord, elle nécessite de couper les deux brins de l’ADN, ce qui est toxique pour la cellule. Cette coupure active des mécanismes de réparation cellulaire, mais aussi des signaux d’arrêt ou de mort cellulaire, rendant son utilisation risquée pour des applications thérapeutiques. Ensuite, CRISPR-Cas9 est efficace pour des modifications locales et petites, comme changer une seule lettre du code génétique. En revanche, insérer de longs fragments d’ADN, comme un gène entier, est beaucoup plus complexe et peu fiable avec cette méthode. Ces limites restreignent son utilisation pour corriger des maladies génétiques causées par plusieurs mutations sur un même gène.

Nouvelle technique : Prime Editing

Pour surmonter ces obstacles, des chercheurs ont développé une nouvelle technique appelée Prime Editing, présentée dans une étude publiée en septembre 2026 dans la revue Nature. Contrairement à CRISPR-Cas9, cette méthode ne coupe qu’un seul brin de l’ADN, réduisant ainsi les effets toxiques pour la cellule et les risques de réarrangements incontrôlés de l’ADN. Prime Editing utilise une version modifiée du système CRISPR, permettant d’insérer des fragments d’ADN beaucoup plus longs, voire des gènes entiers, de manière très précise. Cette approche ouvre des perspectives pour traiter des maladies génétiques complexes, comme celles causées par plusieurs mutations sur un même gène. De plus, elle pourrait permettre de modifier plusieurs sites du génome simultanément, sans risquer de tuer les cellules.

Ce que ça pourrait changer

Les chercheurs, comme **Michel Wassef**, chargé de recherche à l’Inserm et à l’Institut Curie, soulignent que *Prime Editing* pourrait révolutionner la médecine génétique. En évitant la coupure des deux brins d’ADN, cette technique limite les risques de toxicité cellulaire, ce qui est crucial pour des applications thérapeutiques. Elle pourrait notamment être utilisée pour corriger des maladies génétiques rares ou multifactorielles, où plusieurs mutations sont impliquées. Cependant, bien que prometteuse, cette technique en est encore au stade de la recherche. Son développement futur dépendra de son efficacité et de sa sécurité à grande échelle, avant d’envisager des applications cliniques.

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