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Économie

Tout comprendre en trois minutes à la nouvelle réglementation sur le cadmium dans les engrais

Alternatives Économiques · mis à jour il y a 6 j

Après avoir longuement tergiversé, le gouvernement propose d'accélérer le rythme de réduction du taux de cadmium des engrais. Ce métal lourd toxique fait l'objet d'alertes sanitaires en France depuis près de dix ans..

Nouveaux seuils de cadmium

Le gouvernement français a publié début octobre 2026 de nouveaux textes réglementaires visant à réduire la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés. Le cadmium est un métal lourd toxique qui s’accumule durablement dans les sols et présente des risques pour la santé, notamment cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction. Actuellement, certains engrais peuvent contenir jusqu’à 90 milligrammes de cadmium par kilogramme d’anhydride phosphorique. À partir du 1er janvier 2027, ce seuil sera abaissé à 60 mg/kg, puis à 40 mg/kg en 2028, et enfin à 20 mg/kg en 2030. Ces valeurs correspondent aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a confirmé en mars 2026 une surexposition de la population française au cadmium par l’alimentation. La réglementation impose également un apport maximal de 3 grammes de cadmium par hectare et par an à partir de 2027.

Origine du problème

La présence élevée de cadmium dans les engrais français est principalement liée à l’utilisation de phosphates importés du Maroc, dont les gisements contiennent naturellement plus de cadmium. En 2025, l’Anses a détecté du cadmium dans 89 % des échantillons alimentaires analysés, avec des concentrations particulièrement élevées dans le blé, les pommes de terre et les fruits de mer. Cette contamination est directement liée à l’usage d’engrais phosphatés riches en cadmium. En 2025, des médecins libéraux et des associations ont alerté sur ce problème, poussant le gouvernement à agir. La France dépend fortement de ces importations, ce qui complique la réduction des teneurs en cadmium dans les engrais.

Enjeux sanitaires

Le cadmium est un métal lourd particulièrement dangereux en raison de sa capacité à s’accumuler dans l’organisme et dans les sols. L’Anses a confirmé en mars 2026 que la population française est surexposée au cadmium par l’alimentation, avec des effets potentiellement cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction. Les études montrent que 89 % des échantillons alimentaires analysés contenaient du cadmium, ce qui pose un problème de santé publique. La nouvelle réglementation vise donc à réduire progressivement l’exposition de la population en limitant la teneur en cadmium dans les engrais, mais aussi en encadrant les apports maximaux par hectare.

Réactions des agriculteurs

Les organisations de producteurs de grandes cultures (blé, maïs, betterave, oléagineux, protéagineux, pommes de terre) ont exprimé leur inquiétude face à la nouvelle réglementation. Elles estiment que cette mesure risque d’augmenter les coûts de production et d’accentuer la dépendance à un nombre restreint de fournisseurs, sans garantie sur les prix ou les volumes disponibles. Les agriculteurs soulignent que le calendrier de réduction du cadmium, bien qu’accéléré par rapport au projet initial, reste moins ambitieux que celui souhaité par les députés, qui avaient voté pour un seuil de 40 mg/kg dès 2027. Ils craignent également des difficultés d’approvisionnement en engrais moins riches en cadmium, notamment en raison de la dépendance aux phosphates marocains.

Ce que ça pourrait changer

Le calendrier de réduction des seuils de cadmium dans les engrais est progressif : 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2028 et 20 mg/kg en 2030. Chaque étape est conditionnée à une étude de faisabilité technico-économique, remise trois mois avant l’échéance. Ce calendrier marque une accélération par rapport au projet initial, qui prévoyait d’atteindre 20 mg/kg en 2038. Cependant, il reste moins strict que les propositions des députés, qui avaient demandé un seuil de 40 mg/kg dès 2027. La réglementation fixe également un apport maximal de 3 grammes de cadmium par hectare et par an à partir de 2027, ce qui vise à limiter l’accumulation de ce métal lourd dans les sols.

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