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Généraliste

Une proposition d’accord canado-américain pourrait être soumise à Trump lundi prochain

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 19 j

Les négociations se sont intensifiées depuis la menace lancée par Donald Trump d'imposer des tarifs de 50 %..

Négociations urgentes Canada-USA

Le Canada et les États-Unis pourraient présenter dès lundi prochain une proposition commune au président américain Donald Trump pour éviter l’imposition de droits de douane de 50 % sur une large gamme de produits canadiens. Cette menace tarifaire, brandie par Trump, vise des secteurs clés comme l’alcool, l’automobile et les produits laitiers. Les négociations se sont intensifiées après cette annonce, avec deux responsables commerciaux, Dominic LeBlanc pour le Canada et Jamieson Greer pour les États-Unis, qui se sont rencontrés à Washington mardi. L’objectif est de conclure un accord avant le 19 août, date à laquelle les nouveaux tarifs douaniers pourraient entrer en vigueur. LeBlanc devait initialement se rendre à Washington lundi, mais son vol a été annulé en raison de mauvaises conditions météo, retardant légèrement les discussions.

Menaces tarifaires américaines

Donald Trump menace d’appliquer des droits de douane de 50 % sur les produits canadiens en s’appuyant sur l’article 338 de la Tariff Act de 1930. Cet article autorise les États-Unis à imposer des tarifs douaniers élevés si un pays est jugé coupable de discrimination commerciale, c’est-à-dire s’il prend des mesures qui désavantagent les échanges américains. Les secteurs les plus touchés incluent l’alcool, l’automobile et les produits laitiers. Par exemple, certains magasins en Ontario ont retiré l’alcool américain de leurs rayons en mars 2024 en représailles aux tarifs déjà imposés par Trump. Le Québec craint des licenciements massifs si ces nouveaux tarifs entrent en vigueur, avec des entreprises déjà délocalisant une partie de leur production vers les États-Unis pour éviter les surcoûts.

Enjeux commerciaux Canada-USA

Les principaux points de tension entre les deux pays concernent trois secteurs. D’abord, la vente d’alcool : huit provinces canadiennes ont retiré l’alcool américain de leurs tablettes, une mesure prise par les provinces elles-mêmes, car la réglementation de l’alcool relève de leur compétence. Ensuite, l’automobile : les États-Unis reprochent au Canada des tarifs douaniers jugés trop protecteurs pour son industrie. Enfin, la gestion de l’offre dans le secteur laitier : ce système canadien limite l’accès des produits laitiers américains au marché canadien pour protéger les producteurs locaux. Les provinces du Québec et du Nouveau-Brunswick exigent des concessions américaines en échange du retour des produits américains dans leurs magasins.

ACEUM et tarifs sectoriels

Outre les droits de douane de 50 %, le Canada cherche à réduire les tarifs sectoriels appliqués à des produits comme l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre, qui pèsent lourdement sur les entreprises canadiennes. Parallèlement, le gouvernement canadien souhaite relancer les discussions pour une prolongation de l’ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique), un traité commercial qui remplace l’ancien ALENA (Accord de libre-échange nord-américain). Trump avait refusé de renouveler cet accord en juillet 2024, préférant négocier des ententes bilatérales. Pourtant, c’est sous son premier mandat que l’ACEUM avait été négocié et signé. Le Canada espère donc convaincre les États-Unis de revenir sur cette décision pour stabiliser les échanges commerciaux entre les deux pays.

Ce que ça pourrait changer

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a convoqué une réunion d’urgence du Conseil des ministres vendredi pour discuter des conséquences potentielles des tarifs douaniers américains. Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la *Fédération des chambres de commerce du Québec* (FCCQ), a alerté sur les risques de licenciements massifs si aucun accord n’est trouvé avant le 19 août. Selon elle, certaines entreprises québécoises ont déjà commencé à délocaliser une partie de leur production vers les États-Unis pour contourner les tarifs. Le gouvernement fédéral, représenté par Dominic LeBlanc et Janice Charette, reste optimiste mais insiste sur l’urgence de conclure un accord pour éviter une crise économique au Québec et ailleurs au Canada.

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