Ateliers végans dans l’Aude, bar à rhums à Chengdu : les paris (un peu) fous de deux expats
De l’Angleterre à l’Aude, des États-Unis au Sichuan : “The Times” et “Business Insider” suivent deux expatriés qui essaient de transmettre leurs passions à travers leurs entreprises..
L’article présente deux expatriés ayant lancé des entreprises dans des contextes culturels très différents. Helen Lawrence, une cheffe britannique, a ouvert une école de cuisine végane nommée Melusine dans l’Aude, en France, après une carrière au Royaume-Uni et au Canada. Nick Lappen, un Américain, a quant à lui créé un bar à rhums appelé Sugarcane Society à Chengdu, en Chine. Ces deux projets reflètent leur volonté de partager leurs passions respectives : l’alimentation végétale pour l’un, et les spiritueux locaux pour l’autre. Leur démarche s’inscrit dans une logique d’expatriation entrepreneuriale, combinant vie personnelle et professionnelle dans un pays étranger.
Helen Lawrence a choisi de s’installer dans un village de l’Aude, près du canal du Midi, pour y ouvrir son école de cuisine végane. Elle constate que l’alimentation végétalienne reste marginale dans cette région, où les habitudes culinaires traditionnelles (comme la chasse au sanglier ou la consommation de volaille) dominent. Selon ses observations, seulement deux végans français ont été rencontrés en deux ans, et la scène végétarienne locale ressemble à celle du Royaume-Uni des années 1980, avec peu d’options véganes disponibles. Malgré ces défis, elle s’investit pleinement pour promouvoir ce mode de vie, malgré les tracasseries administratives et l’éloignement de sa famille.
Nick Lappen a ouvert un bar spécialisé dans les spiritueux à Chengdu, en Chine, après avoir travaillé comme barman à Shanghai et avoir été contraint de rentrer aux États-Unis pendant la pandémie. Son établissement, la Sugarcane Society, se distingue par sa taille réduite (20 places seulement) et son ambition de mettre en valeur les produits locaux, notamment le baijiu, un alcool traditionnel chinois. L’objectif est de démontrer que les spiritueux, vins et bières artisanaux chinois peuvent rivaliser avec les meilleurs produits occidentaux. Ce projet s’inscrit dans une démarche de découverte et de valorisation des cultures locales, tout en s’adaptant aux goûts des clients chinois.
Les deux expatriés font face à des défis spécifiques liés à leurs projets. Helen Lawrence doit faire preuve de pédagogie pour convaincre les habitants de l’Aude des bienfaits du véganisme, dans un contexte où cette pratique est encore peu répandue. Nick Lappen, de son côté, relève le défi de faire accepter des produits locaux comme le baijiu ou le rhum, alors que les consommateurs chinois sont souvent habitués aux spiritueux occidentaux. Malgré ces obstacles, les deux entrepreneurs semblent motivés par leur engagement : pour Helen Lawrence, il s’agit d’un combat pour un mode de vie alternatif, tandis que Nick Lappen voit son bar comme un laboratoire pour explorer de nouvelles possibilités en mixologie.
Les projets de ces deux expatriés s’inscrivent dans des contextes géographiques et culturels distincts. Helen Lawrence a choisi la France, un pays où l’alimentation joue un rôle central dans la culture, mais où les habitudes alimentaires traditionnelles restent ancrées. Nick Lappen, en Chine, mise sur une région dynamique (le Sichuan) et une clientèle ouverte aux innovations, tout en cherchant à promouvoir des produits locaux méconnus. Leurs entreprises, bien que modestes en taille, reflètent une volonté de changer les mentalités et de créer des ponts entre les cultures, tout en répondant à des attentes locales spécifiques.

