J’ai testé le “deep dating”, cette tendance venue tout droit de France
Pour “The Daily Telegraph”, cette journaliste britannique a testé la version française du “speed dating” : le “deep dating”. Imaginé pour éviter les banalités échangées lors du premier rendez-vous, il invite les célibataires à plonger directement dans une conversation sur leurs penchants sexuels..
Le deep dating est une tendance française récente, imaginée par Léa Toussaint, une sexothérapeute et milléniale. Contrairement au speed dating traditionnel, qui se concentre sur des échanges superficiels comme les signes astrologiques ou les origines familiales, cette méthode propose d’aborder directement les préférences sexuelles des participants. Léa Toussaint a créé un jeu de cartes nommé Discultons (mélange de discutons et cul), qui sert de support pour poser des questions intimes lors des rendez-vous. L’objectif est de remplacer les banalités par des discussions profondes et personnelles dès le premier contact, afin de mieux cerner les attentes et la compatibilité entre deux personnes. Cette approche vise à éviter les malentendus et à créer une connexion plus authentique, en s’affranchissant des conventions sociales habituelles des premiers rendez-vous.
Lors d’un rendez-vous en deep dating, les participants utilisent des cartes inspirées de Discultons pour poser des questions directes sur la sexualité, les fantasmes ou les habitudes intimes. Par exemple, ils peuvent demander : "Préfères-tu faire l’amour au lit ou en plein air ?" ou "As-tu déjà expérimenté l’amour sans sexe ou le sexe sans amour ?". L’article décrit deux expériences menées par Alice Garnett, une journaliste britannique, avec deux partenaires différents. Le premier rendez-vous a eu lieu dans un pub de Londres, où elle a posé des questions comme "Après l’amour, quelle est la première chose que tu veux faire ?" ou "Es-tu un maniaque de la propreté qui a besoin de se doucher immédiatement ?". Ces échanges ont permis de révéler des traits de personnalité, comme l’empathie ou la capacité à s’adapter aux besoins de l’autre, bien plus que des informations sur la profession ou les loisirs du partenaire.
Alice Garnett, bien que sexuellement libérée, a ressenti une certaine tension avant son premier rendez-vous en deep dating, car cette méthode rompt avec les codes habituels des premiers échanges. Elle a également noté que certaines questions, bien que directes, ne permettaient pas toujours d’obtenir des réponses claires, car les préférences sexuelles dépendent souvent du contexte et de la personne. Par exemple, la question "Sur une échelle de 1 à 10, es-tu dominant ou soumis au lit ?" a révélé une compatibilité entre deux partenaires, mais aussi des limites, comme un désaccord sur les positions préférées. De plus, l’un des partenaires a souligné que le deep dating ne couvrait pas nécessairement des sujets plus profonds, comme les peurs ou les ambitions personnelles, qui pourraient aussi être importants pour évaluer une compatibilité.
L’article souligne que le deep dating pourrait sembler surprenant dans un pays comme le Royaume-Uni, où les discussions sur l’intimité sont souvent abordées avec humour ou euphémismes pour éviter toute gêne. Alice Garnett, bien qu’appartenant à la génération Z et étant ouverte sur ces sujets, s’est interrogée sur la capacité des Britanniques à adopter cette méthode sans malaise. Elle a également noté que, malgré son inventivité, le deep dating ne remplaçait pas totalement les échanges plus légers ou personnels, comme discuter de ses origines ou de ses centres d’intérêt. Enfin, l’article mentionne une anecdote selon laquelle les Français, malgré leur réputation en matière de séduction, ne seraient pas les meilleurs baisers, selon un partenaire ayant vécu à Paris.
À l’issue de ses deux expériences, Alice Garnett a conclu que le *deep dating* pouvait être utile pour les personnes qui ont du mal à aborder la sexualité ou l’intimité, ou pour celles qui trouvent les premiers rendez-vous ennuyeux ou gênants. Cependant, elle a estimé que cette méthode n’était pas indispensable pour tout le monde, car un rendez-vous classique aurait pu se dérouler aussi bien sans les cartes. Elle a également souligné que le *deep dating* ne remplaçait pas entièrement la découverte progressive des personnalités, mais offrait une alternative originale pour briser la glace. Enfin, l’article mentionne que cette tendance, bien que française, pourrait séduire d’autres cultures, à condition d’être adaptée aux sensibilités locales.

