Mémoire : pénurie jusqu’à fin 2030, des puces SK hynix en partie « Made in USA »
Aux États-Unis, une usine SK hynix va ouvrir d’ici deux ans afin de produire des puces de mémoire HBM « Made in USA »… du moins en partie. Dans le même temps, le patron de l’entreprise indique que la pénurie de puces devrait finalement durer jusqu’à fin 2030.
SK hynix est l'un des trois principaux fabricants mondiaux de mémoires vives (RAM) et de puces HBM (High Bandwidth Memory), des composants électroniques essentiels pour les ordinateurs et les serveurs. Ces puces sont particulièrement recherchées depuis l'essor de l'intelligence artificielle (IA) générative, qui nécessite des calculs massifs et une mémoire très rapide. En 2026, SK hynix domine ce marché avec deux concurrents majeurs : Micron et Samsung. L'entreprise sud-coréenne profite de cette demande croissante pour les puces HBM, utilisées notamment dans les GPU (processeurs graphiques) et les serveurs dédiés à l'IA.
Le patron de SK hynix a annoncé que la pénurie de puces HBM ne devrait pas s'atténuer avant fin 2030. Cette situation s'explique par l'explosion des besoins en mémoire vive, liée à l'adoption massive de l'IA générative dans divers secteurs (cloud, data centers, etc.). Les coûts de ces puces ont fortement augmenté en raison de cette tension sur l'offre. Les trois acteurs du marché (SK hynix, Micron, Samsung) en profitent pour augmenter leurs marges, malgré les critiques sur leur gestion de la production. Intel, un ancien acteur du secteur, pourrait revenir sur ce marché après avoir revendu une partie de ses activités à SK hynix il y a quatre ans.
Pour tenter de réduire sa dépendance aux fabrications asiatiques, SK hynix prévoit d'ouvrir une usine aux États-Unis d'ici deux ans (soit vers 2028). Cependant, cette usine ne produira pas des puces de A à Z : elle se concentrera sur l'assemblage final des composants, tandis que la fabrication des wafers (plaques de silicium servant de base aux puces) restera en Corée du Sud. Cette stratégie permet à SK hynix de bénéficier des subventions américaines pour une production locale, tout en maintenant une partie de sa chaîne de valeur en Asie, où les coûts sont moins élevés.
Cette annonce s'inscrit dans une logique de **relocalisation partielle** de la production, encouragée par les États-Unis pour réduire leur dépendance à l'Asie, notamment à la Chine et à Taïwan. Cependant, les commentaires des lecteurs soulignent que cette usine américaine ne changera pas fondamentalement la donne : elle ne produira pas de wafers, et son impact sur les prix ou les volumes restera limité. Certains y voient une stratégie politique plutôt qu'une solution industrielle, avec des aides publiques pour des produits estampillés *« Made in USA »*. L'Europe, quant à elle, pourrait être pénalisée par sa dépendance aux fabricants asiatiques ou américains.

