Pourquoi la définition de la seconde est-elle sur le point de changer ?
La Conférence générale des poids et mesures se réunit à Versailles jusqu'à ce jeudi 15 octobre. Au programme, la future définition de la seconde, que les métrologues veulent revoir d'ici 2030.
La seconde est actuellement définie comme la durée de 9 192 631 770 périodes d’une radiation correspondant à la transition entre deux niveaux d’énergie de l’atome de césium 133. Cette définition, adoptée en 1967 par le Système International d’unités (SI), repose sur des horloges atomiques utilisant le césium. Ces horloges mesurent le temps avec une précision extrême, car elles exploitent les propriétés quantiques des atomes : chaque atome de césium vibre à une fréquence extrêmement stable et prévisible. Cette stabilité permet de diviser le temps en intervalles ultra-précis, essentiels pour des technologies comme le GPS, les télécommunications ou les réseaux électriques. Cependant, cette définition pourrait bientôt évoluer en raison des avancées scientifiques et des besoins croissants en précision.
Malgré sa précision, la définition actuelle de la seconde présente des limites. Les horloges atomiques au césium, bien que très stables, ne sont pas parfaites : elles subissent des décalages infimes sur le très long terme, de l’ordre de quelques nanosecondes par jour. De plus, les technologies modernes, comme les réseaux 5G, les systèmes de navigation par satellite ou les ordinateurs quantiques, exigent une précision encore plus grande. Par exemple, une erreur d’une milliseconde dans la synchronisation des réseaux peut entraîner des perturbations majeures. Les scientifiques cherchent donc à améliorer cette définition pour répondre à ces nouveaux défis, notamment en explorant d’autres atomes ou en utilisant des technologies plus avancées.
Plusieurs pistes sont envisagées pour redéfinir la seconde. L’une des principales consiste à utiliser des horloges atomiques optiques, qui mesurent des transitions atomiques à des fréquences beaucoup plus élevées que celles du césium. Ces horloges, basées sur des atomes comme l’ytterbium ou le strontium, pourraient offrir une précision jusqu’à 100 fois supérieure. Une autre approche vise à combiner plusieurs types d’horloges atomiques pour créer une référence encore plus stable. Ces propositions font l’objet de débats au sein de la communauté scientifique et des instances internationales, comme le Bureau International des Poids et Mesures (BIPM), qui coordonne les définitions des unités de mesure.
Le changement de définition de la seconde aurait des répercussions majeures dans plusieurs domaines. Dans le secteur des télécommunications, une meilleure synchronisation permettrait d’améliorer la qualité des appels et des transferts de données. Pour les systèmes de navigation comme le GPS, une précision accrue réduirait les erreurs de positionnement, même infimes. Les sciences fondamentales, comme l’astronomie ou la physique quantique, bénéficieraient également de cette évolution. Enfin, ce changement s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation du SI, avec des révisions prévues pour d’autres unités comme l’ampère ou le kelvin. La décision finale sera prise lors de la Conférence Générale des Poids et Mesures (CGPM), qui se réunit tous les quatre ans.
Le processus de révision de la définition de la seconde est en cours et devrait aboutir d’ici 2030. Les scientifiques et les institutions concernées, comme le BIPM ou le *Comité International des Poids et Mesures* (CIPM), mènent des études comparatives pour évaluer les différentes propositions. Par exemple, des tests sont réalisés pour comparer la stabilité des horloges optiques avec celle des horloges au césium. Une fois une solution retenue, elle devra être validée par la CGPM avant d’être officiellement adoptée. Ce calendrier permet d’assurer une transition fluide et de minimiser les perturbations pour les technologies dépendantes de la définition actuelle.

