Des frappes russes sur Zaporijjia ont fait 15 morts samedi
La Russie venait d’annoncer un accord controversé entre Moscou et Washington sur des livraisons massives de diesel..
Samedi 10 octobre 2026, cinq bombes russes ont frappé des immeubles résidentiels à Zaporijjia, une ville du sud-est de l’Ukraine située à quelques dizaines de kilomètres de la ligne de front. Ces attaques ont causé la mort de 15 personnes, dont une petite fille, et blessé plusieurs autres. Les frappes ont eu lieu à l’aube, laissant peu de temps aux habitants pour se mettre à l’abri. Selon des témoignages recueillis par l’AFP, une femme de 69 ans a pu se réfugier dans ses toilettes après un avertissement de bombardement imminent, mais ses voisins, un couple âgé de 75 ans, n’ont pas survécu. Ces frappes surviennent dans un contexte de tensions accrues entre la Russie et l’Ukraine, où les attaques contre les civils se multiplient depuis plusieurs mois.
Le même jour, les États-Unis et la Russie ont annoncé un accord prévoyant que Moscou livre 300 000 tonnes de diesel dès octobre 2026, puis jusqu’à 1 million de tonnes en décembre. Cet accord, négocié entre Washington et Moscou, vise à augmenter les exportations de diesel russe sur le marché mondial, notamment vers les États-Unis. Cependant, cette décision a suscité une vive polémique. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé une « décision faible » de la part des États-Unis, estimant qu’elle offrait à la Russie une opportunité de renflouer sa trésorerie et de financer davantage la guerre en Ukraine. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a également critiqué cette mesure, affirmant qu’elle donnerait à Moscou « davantage de revenus pour faire la guerre ».
L’annonce de l’accord sur le diesel a jeté une ombre sur les discussions diplomatiques en cours entre l’Ukraine et les États-Unis. Des négociations devaient reprendre samedi à Miami, en Floride, pour tenter de relancer la diplomatie, mais elles ont été perturbées par cette décision. Le Kremlin, par la voix de Vladimir Poutine, a déclaré avoir « accueilli avec compréhension » les propositions américaines visant à une désescalade en Ukraine, sans fournir de détails supplémentaires. De son côté, l’Ukraine a dénoncé un « écran de fumée » et exigé que les sanctions sur les produits pétroliers russes soient maintenues ou renforcées. L’Élysée n’a pas réagi immédiatement, tandis que l’Allemagne a réaffirmé son soutien à Kiev et annoncé travailler à de nouvelles sanctions contre la Russie.
En plus des frappes à Zaporijjia, la Russie a intensifié ses attaques contre d’autres villes ukrainiennes. À Kiev, la capitale, des explosions ont provoqué des coupures de courant massives et une suspension temporaire du métro. Six personnes ont été blessées, dont cinq hospitalisées. Ces attaques en pleine journée illustrent la stratégie russe de pression constante sur les infrastructures civiles, notamment en vue de l’hiver. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a qualifié ces événements de « avant-goût de ce qui attend les habitants de Kiev cet hiver ». Ces frappes s’inscrivent dans une escalade militaire qui dure depuis plus de quatre ans, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine.
L’accord sur le diesel intervient alors que les discussions entre l’Ukraine et ses alliés, dont les États-Unis, peinent à aboutir. Vendredi, Steve Witkoff, émissaire du président américain Donald Trump, avait qualifié de « constructives » les discussions à Miami, en présence de représentants de plusieurs pays européens, de la Commission européenne et de l’OTAN. Cependant, le président Zelensky a critiqué cette approche, estimant que les signaux envoyés à la Russie en levant partiellement les sanctions sur ses exportations de diesel équivalaient à un feu vert pour poursuivre les attaques. Il a également discuté de ces difficultés avec le président français Emmanuel Macron. L’Ukraine, soutenue militairement par l’Allemagne et d’autres partenaires, continue de demander des mesures plus strictes contre Moscou pour limiter sa capacité à financer la guerre.

