Les psychologues sont formels : les personnes qui parlent peu ne sont pas timides, elles ont cette qualité sous-estimée
De nombreux experts se sont penchés sur le sujet..
Le boomerasking est un terme anglophone issu de la contraction des mots boomerang et asking (demander). Il désigne une technique de conversation où une personne pose une question dans le but de recevoir une réponse qui lui sera ensuite retournée, souvent pour se mettre en valeur. Par exemple, si vous mentionnez un projet personnel, votre interlocuteur pourrait répondre par une anecdote personnelle encore plus impressionnante. Ce concept a été formalisé par Alison Wood Brooks, psychologue à l'Université de Harvard. Elle identifie trois types de boomerasking : la demande destinée à se vanter, celle visant à se plaindre, et la demande-partage qui permet d'enchaîner sur une information neutre. Selon le Wall Street Journal, entre 40 % et 60 % des propos tenus dans une conversation sont liés à l'ego, un chiffre qui peut atteindre 80 % sur les réseaux sociaux.
Contrairement aux idées reçues, le silence n'est pas signe de timidité ou de manque de confiance, mais plutôt d'une qualité sous-estimée. Des recherches en psychologie et linguistique, comme une étude de 2010 relayée par Psychologies.com, montrent que les mots prononcés après un silence sont mieux mémorisés. En effet, l'auditeur mobilise davantage son attention et sa mémoire pendant ces pauses. Le silence agit comme un filtre cognitif : il permet à la personne discrète de réfléchir avant de parler, rendant ainsi son propos plus précis et marquant. Cette retenue est un signe de vigilance et d'observation attentive, et non d'insécurité.
Face à une personne discrète, il est préférable de laisser le silence s'installer plutôt que de le combler par des bavardages. En réunion ou en groupe, valoriser ces silences peut transformer les échanges en apportant plus de substance. Le silence devient alors un signe de respect et d'écoute active. Plutôt que de percevoir ces moments comme des vides à éviter, les considérer comme des opportunités pour réfléchir ou approfondir un sujet peut enrichir les interactions. Cette approche favorise une communication plus réfléchie et moins superficielle.
Les personnes qui parlent peu sont souvent mal comprises et associées à tort à la timidité ou au manque de confiance en soi. Pourtant, leur retenue reflète souvent une capacité d'analyse et une écoute attentive. Leur silence n'est pas un manque, mais une stratégie de communication qui permet de mieux cerner les situations et d'apporter des réponses plus pertinentes. Reconnaître cette qualité peut changer la perception que l'on a des personnes discrètes, en valorisant leur approche plutôt que de la considérer comme un défaut.

