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Les réserves stratégiques de pétrole sont si vides que les cavernes aux États-Unis utilisent un système astucieux pour ne pas s’effondrer

Presse-Citron · mis à jour 6 sept.

La Réserve stratégique de pétrole américaine touche à ses limites et menace de bloquer l'action de Washington face aux marchés. Plongées dans une crise d'infrastructure inédite, ses cavités géantes ne répondent plus aux règles habituelles de l'urgence..

Une réserve stratégique épuisée

La Réserve stratégique de pétrole (SPR) des États-Unis, créée en 1970 après le premier choc pétrolier, atteint un niveau critique. En août 2026, elle ne contient plus que 293 millions de barils de pétrole, contre un seuil légal minimal de 252,4 millions. Ce stock, conçu comme un bouclier en cas de crise majeure, permet normalement au président américain d’ordonner des prélèvements pour stabiliser les prix ou répondre à une pénurie. Cependant, les tirages répétés ces dernières années, motivés par les tensions géopolitiques et l’inflation, ont réduit ces réserves à un niveau dangereux. Si le seuil de 252,4 millions est franchi, la réserve bascule dans un statut de dernier recours, avec des contraintes légales strictes qui limitent fortement les actions possibles.

Des cavernes sous pression

Les cavités souterraines de la SPR, creusées à près de 1 000 mètres sous terre dans le Texas et la Louisiane, sont conçues pour durer 25 ans mais ont subi plus de 40 ans de cycles de remplissage et de vidange. Leur stabilité repose sur un équilibre naturel : le pétrole, plus léger, flotte au-dessus d’une couche d’eau très salée appelée saumure. Pour extraire le pétrole, les ingénieurs injectent de la saumure par le bas, ce qui pousse le pétrole vers le haut. Cependant, les prélèvements massifs ont épuisé les stocks de saumure en surface. Les techniciens doivent désormais injecter de l’eau douce, ce qui dissout le sel des parois des cavernes et les fragilise. De plus, l’injection d’eau froide dans un milieu chauffé à plus de 50 °C crée un choc thermique, provoquant des fissures et des effondrements de blocs de sel.

Des risques géologiques majeurs

L’injection forcée d’eau douce dans les cavernes a des conséquences géologiques immédiates. Le sel, dissous par l’eau douce, perd sa solidité, tandis que les variations de température provoquent des fissures dans les parois. Des blocs de plusieurs tonnes peuvent se détacher et endommager les infrastructures, notamment les tuyaux métalliques. Par ailleurs, avec un niveau de pétrole extrêmement bas, les pompes risquent d’aspirer la boue accumulée au fond des cavernes, ce qui pourrait détruire les équipements en surface. Pour éviter ces catastrophes, les autorités ont dû réduire drastiquement le débit d’extraction, passant d’une capacité initiale de 4,4 millions de barils par jour à moins d’1 million.

Ce que ça pourrait changer

La SPR américaine, initialement prévue pour résister à des crises énergétiques majeures, se retrouve aujourd’hui dans une situation critique. Les infrastructures vieillissantes, combinées à une gestion intensive des stocks, ont réduit sa capacité opérationnelle. Les contraintes légales imposent désormais un plafond strict à 252,4 millions de barils, au-delà duquel toute action de régulation devient quasi impossible. Cette situation met en lumière les limites d’un système conçu dans les années 1970, face aux défis énergétiques et géopolitiques actuels. Les ingénieurs et les autorités doivent désormais trouver des solutions pour préserver ces infrastructures, tout en garantissant leur sécurité à long terme.

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