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Dans le sillage des remorqueurs de la baie de Sept-Îles

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 23 h

Les remorqueurs du Groupe Océan effectuent jusqu'à 1200 manœuvres par an pour faire accoster les vraquiers..

Deux remorqueurs actifs

À Sept-Îles, dans la baie du même nom, deux remorqueurs appartenant au Groupe Océan assurent des missions essentielles. Le premier, l’Océan Arctique, et le second, l’Océan Raymond Lemay, sont basés au quai Mgr-Blanche. Chaque année, leurs équipages réalisent entre 1 000 et 1 200 manœuvres pour aider des navires à accoster en toute sécurité. Ces remorqueurs sont de taille modeste, mais leur moteur est surpuissant : leur force dépasse celle des cargos qu’ils assistent. Par exemple, un vraquier (navire transportant des marchandises en vrac comme du minerai) peut peser jusqu’à 180 000 tonnes, soit l’équivalent de 4 500 camions de 40 tonnes alignés. Ces remorqueurs fonctionnent en duo et vivent à bord en rotation de deux semaines, avec cinq marins à bord à chaque période.

Rôle du pilote maritime

Avant qu’un remorqueur n’intervienne, un pilote maritime monte à bord du navire à guider, souvent un minéralier (cargo transportant des minerais). Ce professionnel, comparé à un chef d’orchestre par le capitaine Charles Touchette, prend le contrôle du cargo et donne les instructions aux remorqueurs. Il indique s’ils doivent pousser ou tirer le navire, et avec quelle puissance, pour l’amener jusqu’au quai. Le transfert du pilote vers le cargo est l’une des phases les plus dangereuses de l’opération, surtout par mauvais temps. Le pilote embarque via une passerelle suspendue au-dessus du vide, tandis que le remorqueur se maintient à proximité du navire en mouvement.

Manœuvre d'accostage

Une fois le pilote à bord, les remorqueurs se positionnent : l’un à l’avant et l’autre à l’arrière du cargo. Les marins du navire hissent un câble de remorquage (un câble très résistant pouvant supporter jusqu’à 250 tonnes, voire plus) que le remorqueur attache. Le vraquier, qui a ralenti à moins de 5 km/h (2 ou 3 nœuds), perd sa capacité à manœuvrer seul. Les remorqueurs prennent alors le relais pour le guider jusqu’au quai multiusager du Port de Sept-Îles. Ils poussent ou tirent le navire à une vitesse inférieure à celle d’une personne qui marche, soit environ 1 à 2 km/h, pour éviter tout dommage. Une manœuvre complète dure en moyenne trois heures.

Navires géants et logistique

Les cargos assistés par les remorqueurs de Sept-Îles transportent des marchandises comme du minerai de fer, du pétrole ou des passagers. Ces navires, souvent immatriculés sous des drapeaux étrangers comme celui du Panama, peuvent mesurer jusqu’à 291 mètres de long et 45 mètres de large. Leur tirant d’eau (profondeur à laquelle ils s’enfoncent) atteint 18 mètres lorsqu’ils sont chargés. Une fois déchargés à Sept-Îles, ils reprennent la mer vers l’Asie ou l’Europe. Les remorqueurs jouent ainsi un rôle clé dans la chaîne logistique mondiale, en assurant la sécurité et la fluidité des transports maritimes, qui représentent une part majeure du commerce international.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà de l’accostage, les remorqueurs du Groupe Océan interviennent en cas d’urgence en mer. Leurs équipages agissent comme *premiers répondants* pour des situations médicales (comme une crise d’appendicite à bord d’un paquebot) ou des sauvetages de navires en détresse. Les cinq marins vivent à bord en rotation de deux semaines, partageant leur temps entre les missions et la vie quotidienne dans un espace restreint. Cette organisation crée une forte cohésion d’équipe, décrite comme une *deuxième maison* par le capitaine Charles Touchette. Leur présence continue dans la baie garantit une réactivité immédiate, 24 heures sur 24.

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