Si la couche d'ozone est censée se reconstituer, pourquoi le trou au-dessus de l'Antarctique est-il si gros?
Le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique s'est agrandi selon de récentes mesures. Cela pourrait être le signe d'un changement dans la façon dont la couche d'ozone se comporte sur le long terme..
Le 20 septembre 2026, le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique a atteint une superficie de 27,4 millions de kilomètres carrés, soit la deuxième plus grande taille jamais enregistrée à cette période de l'année. Ce record est proche de celui d'octobre 2015, où le trou mesurait 27,9 millions de kilomètres carrés. La couche d'ozone est une partie de l'atmosphère qui protège la Terre des rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil. Les produits chimiques comme les CFC (chlorofluorocarbures), autrefois largement utilisés dans les aérosols et les systèmes de réfrigération, ont endommagé cette couche. Cependant, des accords internationaux comme le protocole de Montréal (1987) ont permis de réduire leur utilisation, et la couche d'ozone était censée se reconstituer progressivement. Pourtant, cette année, le trou reste exceptionnellement grand.
Le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique suit un cycle annuel : il s'agrandit pendant l'hiver et le printemps de l'hémisphère Sud, atteint sa taille maximale entre mi-septembre et début octobre, puis se réduit à partir de fin janvier. En 2026, après avoir atteint 27,4 millions de kilomètres carrés le 20 septembre, le trou a commencé à diminuer pour atteindre environ 23 millions de kilomètres carrés fin septembre. Cette réduction est normale et attendue, mais les scientifiques soulignent que la taille actuelle du trou reste préoccupante. Le service de surveillance de l'atmosphère Copernicus suit ces variations et confirme que le trou de 2026 ne devrait pas battre le record de 2015.
Le vortex polaire antarctique est un phénomène météorologique clé dans l'agrandissement du trou d'ozone. Il s'agit d'un système de vents puissants qui encercle l'Antarctique en hiver, emprisonnant de l'air froid au-dessus du continent. En 2026, ce vortex a été particulièrement intense, entraînant des températures anormalement basses dans la stratosphère (la couche de l'atmosphère située entre 10 et 50 km d'altitude). Ces températures froides accélèrent la destruction de l'ozone, car les réactions chimiques qui dégradent l'ozone se produisent plus efficacement dans un environnement froid. Susan Solomon, professeure au MIT (Massachusetts Institute of Technology), précise que ces variations annuelles ne remettent pas en cause la tendance globale de reconstitution de la couche d'ozone.
Bien que la couche d'ozone se reconstitue lentement depuis les années 1980, certains scientifiques s'interrogent sur une possible nouvelle tendance. Hannah Kessenich, physicienne à l'université d'Otago en Nouvelle-Zélande, suggère que des changements dans la dynamique atmosphérique mondiale pourraient favoriser l'apparition de trous d'ozone plus persistants jusqu'à la fin du printemps. Le changement climatique pourrait également renforcer le vortex polaire antarctique, entraînant des températures stratosphériques plus basses et une diminution accrue de l'ozone. Cependant, ces hypothèses nécessitent des recherches supplémentaires pour être confirmées. Les scientifiques insistent sur la nécessité d'observer les tendances sur plusieurs décennies avant de tirer des conclusions définitives.
Malgré les fluctuations annuelles, le consensus scientifique reste que la couche d'ozone se reconstitue progressivement. Susan Solomon, experte en chimie atmosphérique, souligne que les variations observées en 2026 s'inscrivent dans une logique de variabilité naturelle et ne remettent pas en cause les progrès réalisés grâce au protocole de Montréal. Les données montrent une amélioration lente mais constante depuis les années 2000. Cependant, les scientifiques restent prudents et continuent de surveiller les dynamiques atmosphériques pour comprendre si les changements récents sont temporaires ou annoncent une nouvelle tendance à long terme. La couche d'ozone mettra encore plusieurs décennies à se rétablir complètement.

