NapseflowNapseflow
Droit

En Pologne, les députés votent un assouplissement du droit à l’avortement

Le Monde : Droit à l'avortement · mis à jour il y a 15 j

Dans ce pays traditionnellement catholique, l’avortement n’est autorisé que dans deux circonstances : lorsque la grossesse résulte d’un acte criminel – comme un viol ou un inceste – ou lorsqu’elle met en danger la vie ou la santé de la mère..

Vote des députés

Le 20 octobre 2026, les députés polonais ont adopté un projet de loi visant à assouplir les conditions d’accès à l’avortement dans le pays. Cette réforme, portée par une coalition de partis centristes et de gauche, marque un tournant dans la législation polonaise, réputée pour être l’une des plus restrictives d’Europe. Actuellement, l’avortement n’est autorisé en Pologne que dans trois cas précis : en cas de viol ou d’inceste, lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère, ou si le fœtus présente des malformations graves et incurables. Le texte voté par les députés prévoit d’élargir ces exceptions, notamment en incluant les situations de détresse psychosociale de la mère, un critère actuellement non reconnu. Le projet a été adopté avec une majorité de 234 voix pour, 212 contre et 10 abstentions, selon les chiffres communiqués par la chambre basse du Parlement polonais, appelée Sejm.

Risque de veto

Le projet de loi doit désormais être soumis à l’examen du président polonais, Andrzej Duda, qui a déjà exprimé son opposition à toute libéralisation de l’avortement. Ce dernier dispose d’un droit de veto (veto présidentiel) lui permettant de bloquer définitivement le texte, à moins que le Parlement ne parvienne à réunir une majorité des deux tiers pour le contourner. Andrzej Duda, membre du parti Droit et Justice (PiS), une formation conservatrice et nationaliste, a réitéré son refus catégorique de toute réforme en faveur de l’avortement, qualifiant cette question de « ligne rouge » pour les valeurs traditionnelles de la Pologne. Son veto pourrait donc enterrer le projet, malgré son adoption par les députés. La Pologne, pays majoritairement catholique, est régulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits humains pour sa législation restrictive en matière d’avortement.

Contexte politique

Cette initiative législative s’inscrit dans un contexte politique polonais marqué par une polarisation croissante entre les forces progressistes et les partis conservateurs. Le Sejm, dominé depuis 2023 par une coalition de centre-gauche (Coalition civique) et de gauche (Lewica), tente de faire évoluer les droits des femmes malgré l’opposition farouche des conservateurs. Le parti Droit et Justice (PiS), bien que sorti du pouvoir en 2023 après huit ans de gouvernance, conserve une influence majeure grâce à son ancrage dans les institutions et une base électorale fidèle. Les mobilisations féministes, comme celles du mouvement #OniNasNieZatrzymają (Elles ne nous arrêteront pas), ont joué un rôle clé dans la pression exercée sur les députés pour faire avancer cette réforme.

Ce que ça pourrait changer

La proposition de loi a suscité des réactions contrastées en Pologne. Les associations de défense des droits des femmes, comme *Federa* ou *Abortion Without Borders*, saluent une avancée historique, mais restent prudentes face au risque de veto présidentiel. À l’inverse, les groupes conservateurs et religieux, ainsi que des partis comme *Droit et Justice*, dénoncent une atteinte aux valeurs chrétiennes et à la « vie dès la conception ». Sur le plan international, cette réforme pourrait améliorer l’image de la Pologne auprès des institutions européennes, qui critiquent régulièrement sa politique en matière de droits humains. Cependant, son adoption définitive reste incertaine tant que le président Duda n’a pas rendu sa décision, attendue dans les prochaines semaines.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.