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Environnement

Canada : près de 900 incendies en cours et 2,7 millions d'hectares brûlés

Reporterre · mis à jour il y a 20 j

Plus de 890 feux de forêt font rage au Canada, dont plus de 100 demeurent incontrôlables vendredi 17 juillet, d'après les données de l'organisme public Ressources naturelles Canada. Le dernier décompte fait état de plus de 2,7 millions d'hectares brûlés, soit une superficie s'approchant de celle de la Bretagne.

Situation actuelle

Au Canada, près de 900 incendies de forêt sont actifs simultanément, selon les dernières données disponibles. Ces feux ont déjà ravagé une superficie de 2,7 millions d’hectares, soit une zone équivalente à plus de trois fois la taille de la Belgique ou à la moitié de la superficie de la France métropolitaine. Ces chiffres illustrent une année particulièrement intense en termes d’incendies, bien que les autorités canadiennes n’aient pas encore précisé si cette situation était exceptionnelle par rapport aux années précédentes. Les régions les plus touchées se situent principalement dans l’ouest et le nord du pays, où les conditions climatiques, comme des températures élevées et une sécheresse prolongée, favorisent la propagation des feux.

Origine des incendies

Les causes de ces incendies sont multiples et restent en partie à déterminer. Une partie d’entre eux est d’origine naturelle, notamment liée à la foudre, qui peut enflammer la végétation sèche en cas d’orage. Cependant, une proportion significative est attribuée à des activités humaines, comme des feux de camp mal éteints, des cigarettes jetées négligemment ou des équipements agricoles ou industriels mal entretenus. Les autorités canadiennes, comme Ressources naturelles Canada (un organisme gouvernemental chargé de la gestion des ressources naturelles), soulignent que la saison des incendies s’allonge chaque année en raison du réchauffement climatique, qui augmente la fréquence des vagues de chaleur et réduit l’humidité des sols.

Impact environnemental

Les incendies ont des conséquences majeures sur l’environnement. Ils libèrent d’énormes quantités de CO₂ (dioxyde de carbone) dans l’atmosphère, contribuant ainsi à l’aggravation de l’effet de serre et du changement climatique. Selon les estimations, les feux de forêt au Canada émettent chaque année l’équivalent des émissions annuelles de gaz à effet de serre de pays comme la Suède ou la Suisse. Par ailleurs, la fumée générée par ces incendies peut parcourir des milliers de kilomètres, affectant la qualité de l’air dans des régions éloignées, voire dans d’autres pays comme les États-Unis. Les écosystèmes locaux sont également perturbés : la faune et la flore locales subissent des pertes d’habitat, et certains sols deviennent stériles après avoir été brûlés.

Réponse des autorités

Face à cette crise, les autorités canadiennes, en collaboration avec les provinces et les territoires, ont déployé des moyens importants pour lutter contre les incendies. Environ 4 000 pompiers et intervenants, dont certains viennent de l’étranger comme des États-Unis ou de l’Australie, sont mobilisés pour éteindre les feux et protéger les populations. Des avions bombardiers d’eau, comme les Canadair (des avions spécialisés dans la lutte contre les incendies), sont utilisés pour larguer de l’eau ou des retardants chimiques sur les zones enflammées. Malgré ces efforts, les conditions météorologiques défavorables, comme des vents violents ou des températures extrêmes, rendent la tâche difficile. Les autorités ont également mis en place des évacuations préventives dans les zones les plus menacées.

Conséquences économiques

Les incendies de forêt ont un coût économique considérable pour le Canada. Les dépenses liées à la lutte contre les feux, aux évacuations et aux réparations des infrastructures endommagées s’élèvent à plusieurs centaines de millions de dollars canadiens. Par exemple, en 2023, le coût total des incendies au Canada avait dépassé les 1,4 milliard de dollars canadiens, un montant qui pourrait être dépassé cette année si la situation ne s’améliore pas. Les secteurs de l’agriculture, du tourisme et des assurances sont particulièrement touchés. Les compagnies d’assurance font face à une hausse des sinistres, tandis que les agriculteurs voient leurs récoltes détruites ou endommagées. Le gouvernement fédéral a annoncé des fonds d’urgence pour soutenir les régions affectées, mais les montants alloués restent insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins.

Ce que ça pourrait changer

Les experts s’attendent à ce que les incendies de forêt deviennent de plus en plus fréquents et intenses au Canada en raison du changement climatique. Selon le *GIEC* (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les températures moyennes au Canada augmentent deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui aggrave les risques de sécheresse et de feux de forêt. Pour limiter ces impacts, des stratégies d’adaptation sont mises en place, comme la gestion préventive des forêts (éclaircissage des zones denses, création de pare-feu) ou l’amélioration des systèmes d’alerte précoce. Cependant, ces mesures nécessitent des investissements importants et une coordination entre les différents niveaux de gouvernement, ainsi qu’avec les communautés locales et les peuples autochtones, qui sont souvent les premiers affectés par ces catastrophes.

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