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Géopolitique

Pékin accepte de réduire ses exportations vers l’UE : “coup d’arrêt” dans l’escalade commerciale

Courrier International · mis à jour il y a 6 j

Après deux jours de négociations à Pékin, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a annoncé que la Chine avait accepté de réduire ses exportations de véhicules hybrides et électriques vers le Vieux Continent. Une pause bienvenue dans l’escalade commerciale de ces derniers mois, commente la presse internationale..

Accord Chine-UE sur les exportations

La Chine a accepté de réduire ses exportations de véhicules hybrides et électriques vers l’Union européenne (UE) après deux jours de négociations à Pékin. Selon le South China Morning Post, Pékin s’engage à diviser par deux ses exportations de voitures hybrides vers l’UE, ce qui marque un apaisement dans les tensions commerciales entre les deux blocs. Cet accord inclut également une réduction des droits de douane sur certains produits chinois, dans le cadre de la clause de la nation la plus favorisée (un principe de l’OMC garantissant que les avantages commerciaux accordés à un pays s’appliquent à tous). Un autre volet porte sur les exportations de terres rares et d’aimants permanents, matières premières stratégiques pour l’industrie technologique. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a salué ces progrès lors d’une conférence de presse le 9 octobre 2026, tout en précisant que les détails exacts de l’accord restaient à finaliser et devraient être soumis aux 27 États membres de l’UE pour validation.

Contexte des tensions commerciales

Les relations commerciales entre la Chine et l’UE se sont fortement dégradées ces dernières années, notamment en raison du déficit commercial croissant de l’UE avec la Chine, estimé à environ 1 milliard d’euros par jour depuis 2025. Les autorités européennes accusent Pékin de pratiques déloyales, comme le soutien financier aux entreprises chinoises ou la sous-évaluation du yuan (la monnaie chinoise), ce qui rend les produits chinois artificiellement moins chers à l’export. En juin 2026, Bruxelles avait lancé des négociations intensives avec Pékin pour éviter une guerre commerciale ouverte, c’est-à-dire une escalade de mesures protectionnistes (comme des droits de douane punitifs) entre les deux parties. La France et l’Allemagne avaient même proposé la création d’un outil pour protéger le marché unique européen des entreprises chinoises. Cet accord du 9 octobre 2026 intervient donc comme une pause dans cette escalade, bien que les divergences structurelles persistent.

Réactions des acteurs européens

Les constructeurs automobiles européens, notamment allemands, ont salué l’accord, car ils craignaient une concurrence accrue des véhicules chinois, notamment hybrides et électriques, sur le marché européen. Ces derniers mois, la Chine a inondé l’Europe avec des voitures à bas prix, menaçant la compétitivité des marques locales. Le Handelsblatt, un journal économique allemand, note cependant que le commissaire Sefcovic n’a pas précisé le nombre exact de véhicules que la Chine pourra exporter vers l’UE, ni les modalités exactes de l’accord. Une nouvelle réunion entre les deux parties est prévue en mars 2027 pour approfondir les discussions. Les observateurs soulignent que cet accord reste un compromis temporaire, car les désaccords sur la propriété intellectuelle, les subventions étatiques chinoises et la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ne sont pas encore résolus.

Ce que ça pourrait changer

L’accord signé le 9 octobre 2026 couvre 16 points, incluant des mesures sur le commerce, les investissements, le contrôle des exportations et la réforme de l’OMC. Cependant, les détails concrets restent flous, comme le nombre de véhicules concernés ou les volumes de terres rares exportables. Le document doit encore être approuvé par les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’UE avant sa mise en œuvre. Maros Sefcovic a adopté un ton conciliant, reconnaissant les *divergences* entre les deux blocs, mais estimant que Pékin a accepté de répondre à une partie des demandes européennes, notamment sur les véhicules hybrides. Cet accord marque donc un *coup d’arrêt* dans l’escalade commerciale, mais ne résout pas les tensions sous-jacentes, qui pourraient resurgir lors des prochaines négociations en 2027.

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