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50 ans après la mort de Mao, quels héritages dans la Chine de Xi Jinping ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 11 j

Mao Zedong est mort le 9 septembre 1976. Cinquante ans après, le “Grand Timonier” continue de peser sur la politique chinoise, à commencer par l’héritage de ses systèmes de surveillance et de répression.

Mao Zedong et son héritage

Mao Zedong, surnommé le Grand Timonier, est décédé le 9 septembre 1976 après avoir dirigé la Chine pendant 27 ans. Fondateur de la République populaire de Chine en 1949, il a marqué l’histoire du pays par des politiques radicales comme le Grand Bond en avant (1958-1962) et la Révolution culturelle (1966-1976). Ces périodes ont été marquées par des famines, des purges politiques et une répression massive, entraînant des millions de morts. Aujourd’hui, 50 ans après sa mort, son héritage continue d’influencer la Chine contemporaine, notamment à travers les systèmes de contrôle et de surveillance mis en place sous son régime. Ces outils, initialement conçus pour maintenir son pouvoir, sont aujourd’hui adaptés et renforcés par le gouvernement actuel de Xi Jinping.

La Chine de Xi Jinping

Xi Jinping, actuel président de la Chine depuis 2013, perpétue une partie de l’héritage maoïste tout en modernisant les méthodes de gouvernance. Sous son leadership, la Chine a renforcé les systèmes de surveillance de masse, inspirés en partie des techniques utilisées sous Mao. Ces outils incluent la techno-surveillance, qui combine technologies numériques et contrôle social pour encadrer la population. Par exemple, le système de crédit social évalue les comportements des citoyens et peut limiter leurs droits en cas de mauvaises notes. Ces méthodes, bien que plus sophistiquées qu’à l’époque de Mao, s’inscrivent dans une logique similaire de contrôle politique et de maintien de l’ordre autoritaire.

Les laogai, héritage répressif

Les laogai (abréviation de laodong gaizao, signifiant « rééducation par le travail ») étaient des camps de travail forcé créés sous Mao pour éliminer les opposants politiques et rééduquer la population. Entre 1949 et 1976, des millions de personnes y ont été emprisonnées dans des conditions souvent inhumaines, entraînant des milliers de morts. Bien que les laogai aient officiellement été abolis en 2013, des formes modernes de détention arbitraire persistent en Chine. Par exemple, les centres de rééducation du Xinjiang, où sont détenues des minorités ethniques comme les Ouïghours, rappellent cette tradition répressive. Ces pratiques montrent comment l’héritage maoïste de répression systématique a été adapté aux besoins contemporains du régime.

Surveillance et contrôle social

La Chine de Xi Jinping a poussé la surveillance à un niveau inédit, en s’appuyant sur les fondations posées sous Mao. Le pays utilise aujourd’hui des technologies avancées comme la reconnaissance faciale, les caméras intelligentes et l’intelligence artificielle pour surveiller sa population. Ces outils permettent de suivre les déplacements, les communications et même les expressions faciales des citoyens. Par exemple, dans certaines villes, des systèmes de crédit social attribuent une note aux individus en fonction de leur comportement, influençant leur accès aux services publics ou aux prêts bancaires. Cette approche, bien que plus technologique, s’inscrit dans la continuité des méthodes de contrôle social mises en place par Mao pour garantir la loyauté envers le Parti communiste chinois.

Ce que ça pourrait changer

Sous Mao, le Parti communiste chinois (PCC) a justifié son pouvoir par l’idéologie marxiste-léniniste et la promesse d’une société égalitaire. Aujourd’hui, Xi Jinping perpétue cette légitimité en mélangeant nationalisme, développement économique et contrôle politique. Le PCC reste le seul parti autorisé en Chine, et son pouvoir est renforcé par des campagnes de propagande rappelant l’ère maoïste. Par exemple, les discours sur la *grande renaissance de la nation chinoise* ou les célébrations du centenaire du PCC en 2021 s’inspirent de la rhétorique maoïste. Cette continuité idéologique permet au régime de Xi Jinping de maintenir sa légitimité tout en modernisant les outils de gouvernance.

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