L’ultime hommage à Ali Khamenei en Irak, un “cri de ralliement transnational”
Les cérémonies pour l’ancien guide suprême iranien organisées dans les villes irakiennes de Nadjaf et de Kerbala, deux hauts lieux de l’islam chiite, revêtent une double symbolique religieuse et géopolitique. L’Iran cherche à prouver que son influence reste intacte au Moyen-Orient malgré les revers subis ces deux dernières années, explique le “Financial Times”..
Le 8 juillet 2026, une foule immense a accompagné le cercueil de l’ayatollah Ali Khamenei, ancien guide suprême iranien, lors de ses funérailles dans les villes saintes irakiennes de Nadjaf et Kerbala. Ces deux villes abritent des lieux sacrés de l’islam chiite, comme le sanctuaire de l’imam Ali à Nadjaf, cousin et gendre du prophète Mahomet, et le site du massacre de Kerbala en 680 après J.-C., où Hussein, fils d’Ali, fut tué avec sa famille par les forces omeyyades. Cet événement dépasse la simple dimension religieuse : l’Iran cherche à en faire un symbole politique, un cri de ralliement transnational pour démontrer la puissance de son axe de la résistance, une alliance regroupant l’Iran, des milices chiites irakiennes et le Hezbollah libanais. Malgré des tensions récentes, Téhéran veut prouver qu’il conserve une influence régionale majeure, soutenue par les chiites du Moyen-Orient.
L’Iran a transformé les funérailles de Khamenei en une démonstration de force pour afficher sa résilience face aux pressions internationales. Après cinq jours d’obsèques nationales en Iran, le cercueil a été transporté en Irak, où des centaines de milliers de personnes l’ont accueilli. Selon Harith Hasan, universitaire irakien interrogé par le Financial Times, cette mobilisation vise à montrer que l’axe de la résistance a non seulement résisté à des menaces existentielles, mais en est sorti renforcé. L’objectif est de prouver que l’influence iranienne s’étend bien au-delà de ses frontières, touchant les musulmans et les Arabes chiites à travers la région. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis, Donald Trump ayant menacé le 8 juillet 2026 de quitter les négociations avec l’Iran et de rétablir un blocus naval sur ses ports.
Les funérailles de Khamenei en Irak surviennent à un moment politique délicat pour le gouvernement irakien. Le Premier ministre irakien, Ali Al-Zaidi, un chiite, tente depuis mai 2026 de trouver un équilibre entre ses relations avec l’Iran et celles avec les États-Unis. Il doit se rendre à Washington dans les jours suivant l’événement pour rencontrer Donald Trump, dont l’administration exerce des pressions sur Bagdad pour limiter l’influence iranienne en Irak. Cette situation crée une tension entre la nécessité de maintenir des liens avec Téhéran, allié historique, et les demandes américaines de réduire cette dépendance. Les funérailles de Khamenei, marquées par une forte participation chiite, illustrent ainsi les divisions géopolitiques qui traversent l’Irak.
Les funérailles de Khamenei s’inscrivent dans un contexte de rivalités régionales entre l’Iran et les États-Unis. Téhéran cherche à consolider son influence via son *axe de la résistance*, tandis que Washington tente de limiter cette expansion, notamment en Irak. Les menaces de Donald Trump, évoquant un possible abandon des négociations ou un blocus naval, ajoutent une dimension de crise à cet événement. Par ailleurs, l’Iran tente de mobiliser les chiites du Moyen-Orient pour renforcer son projet régional. Cependant, cette stratégie se heurte à la réalité politique irakienne, où le gouvernement d’Ali Al-Zaidi doit naviguer entre ces pressions extérieures et les attentes internes. Les funérailles deviennent ainsi un symbole des tensions entre les ambitions régionales de l’Iran et les intérêts des autres acteurs internationaux.

