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Mohenjo-daro : la cité qui met en question le scénario de l’inégalité

Philosophie Magazine · mis à jour il y a 12 j

Mohenjo-daro était l’une des plus grandes villes de la **civilisation harappéenne**, située dans la vallée de l’Indus, il y a environ 4 000 ans. Cette cité, aujourd’hui en ruines au Pakistan, était un centre urbain majeur de l’âge du bronze. Contrairement à d’autres civilisations de l’époque, comme la Mésopotamie ou l’Égypte, elle ne présente pas de traces archéologiques classiques d’une société hiérarchisée, comme des palais luxueux ou des tombes monumentales. Dès les années 1920, l’archéologue britannique **John Hubert Marshall** avait remarqué cette absence de symboles de pouvoir centralisé, suggérant une organisation sociale différente. Mohenjo-daro compte parmi les premières grandes villes planifiées de l’histoire, avec un système de plomberie sophistiqué et des habitations de taille similaire, ce qui intrigue les chercheurs depuis un siècle.

Une cité ancienne méconnue

Mohenjo-daro était l’une des plus grandes villes de la civilisation harappéenne, située dans la vallée de l’Indus, il y a environ 4 000 ans. Cette cité, aujourd’hui en ruines au Pakistan, était un centre urbain majeur de l’âge du bronze. Contrairement à d’autres civilisations de l’époque, comme la Mésopotamie ou l’Égypte, elle ne présente pas de traces archéologiques classiques d’une société hiérarchisée, comme des palais luxueux ou des tombes monumentales. Dès les années 1920, l’archéologue britannique John Hubert Marshall avait remarqué cette absence de symboles de pouvoir centralisé, suggérant une organisation sociale différente. Mohenjo-daro compte parmi les premières grandes villes planifiées de l’histoire, avec un système de plomberie sophistiqué et des habitations de taille similaire, ce qui intrigue les chercheurs depuis un siècle.

Une société sans élites

Une étude récente publiée en 2026 par Adam S. Green, Iqtedar Alam et Cameron Petrie, intitulée « Inequality declined in the Bronze Age city of Mohenjo-daro », relance l’hypothèse d’une société égalitaire à Mohenjo-daro. Les chercheurs s’appuient sur l’absence de monuments ou d’objets associés aux élites, comme des statues ou des sépultures somptueuses. Green souligne que « les rois ne sont pas discrets », et que l’absence de preuves peut être elle-même une preuve : l’absence d’élites dirigeantes. Cette thèse s’inscrit dans le débat sur la révolution urbaine, qui a vu naître des cités-États en Mésopotamie, en Ukraine ou en Égypte, souvent associées à des inégalités croissantes. Mohenjo-daro remet en cause cette corrélation.

Des indices d’égalité sociale

Les fouilles ont révélé que les habitations de Mohenjo-daro étaient de taille similaire et équipées de systèmes de plomberie, avec un accès égal au réseau d’eau. Les bijoux et les perles, signes de richesse, étaient répartis dans de nombreuses maisons, et non concentrés dans quelques-unes. Adam Green a mesuré le coefficient de Gini de la cité, un indicateur d’inégalité économique où 0 représente une égalité parfaite et 1 une inégalité maximale. Mohenjo-daro obtient un score de 0,44, bien inférieur à celui d’autres cités antiques comme Ougarit (0,67). Green conclut que « les commodités de la ville étaient largement réparties parmi les ménages », suggérant une redistribution des richesses plutôt qu’une accumulation entre les mains d’une minorité.

Un débat archéologique ouvert

Si l’hypothèse d’une société égalitaire à Mohenjo-daro séduit une partie des chercheurs, elle reste controversée. Certains archéologues estiment que les fouilles n’ont porté que sur des quartiers aisés, et que les zones périphériques pourraient révéler des inégalités plus marquées. D’autres chercheurs mettent en garde contre une idéalisation du passé : l’absence de preuves d’inégalités ne signifie pas nécessairement leur absence. Le débat illustre les limites de l’archéologie, où les interprétations dépendent souvent des méthodes de fouille et des biais des chercheurs. La question de l’égalitarisme dans les sociétés anciennes reste donc ouverte, même si Mohenjo-daro offre un cas unique pour repenser les modèles de développement urbain.

Ce que ça pourrait changer

L’étude de Mohenjo-daro s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’évolution des sociétés humaines. Elle remet en cause l’idée que l’urbanisation s’accompagne nécessairement d’une concentration du pouvoir et des richesses, comme le suggère la thèse défendue par des anthropologues comme **David Graeber**. Pour Green, cette cité montre qu’il est possible de concevoir des villes prospères sans élites dirigeantes, où les ressources sont partagées. Cette découverte invite à interroger les modèles économiques actuels et à explorer d’autres formes d’organisation sociale. Mohenjo-daro devient ainsi un exemple pour repenser les fondements de l’inégalité, à la lumière des sociétés anciennes.

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