Ces Américains qui fuient Trump, ces Européens qui rêvent des États-Unis
Qualité de vie, fiscalité : les raisons de partir se ressemblent souvent des deux côtés de l’Atlantique. “The Independent” et “The Times” racontent ces parcours croisés d’expatriés entre États-Unis et Europe..
Plusieurs Américains choisissent de quitter les États-Unis en raison des tensions politiques et du coût de la vie sous l’ère Trump. Par exemple, T.J. Malone, un retraité de 79 ans, a décidé de s’installer au Portugal après une vie passée aux États-Unis. Il évoque un ras-le-bol face aux armes, au climat politique et à un système de santé jugé trop coûteux. Un autre témoignage, celui de Heather Green, 47 ans, reflète une génération désillusionnée par l’individualisme et le manque de solidarité aux États-Unis. Elise Slotte, une Suédoise gérant une agence d’expatriation au Portugal, observe que la majorité de ses clients sont des personnes LGBTQ+ ou juives, des groupes se sentant moins en sécurité dans leur pays d’origine. Ces départs illustrent une tendance où des citoyens américains cherchent en Europe une qualité de vie et une stabilité qu’ils ne trouvent plus chez eux.
De l’autre côté de l’Atlantique, certains Européens s’expatrient aux États-Unis, notamment au Texas, attirés par des avantages fiscaux. Thomas Phillips, un entrepreneur britannique de 33 ans, a quitté le Royaume-Uni pour Austin au Texas. Il explique que son taux d’imposition sur les entreprises est passé de 53 % au Royaume-Uni à 30 % au Texas, ce qui lui permet de développer ses activités plus librement. Bien que ses dépenses aient augmenté (il estime ses coûts 20 fois plus élevés qu’au Royaume-Uni), il ne regrette pas son choix, appréciant notamment la gentillesse des Américains. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance où les entrepreneurs européens privilégient des destinations comme les Émirats arabes unis, l’Espagne ou les États-Unis pour optimiser leur fiscalité et leur cadre de vie.
Les raisons qui poussent les Américains à quitter les États-Unis et les Européens à s’y installer se recoupent souvent : fiscalité, qualité de vie et stabilité politique. Aux États-Unis, les critiques portent sur le coût de la vie, les tensions politiques et un système de santé perçu comme inaccessible. En Europe, les expatriés américains recherchent un environnement plus solidaire et sécurisant, notamment pour les minorités. À l’inverse, les Européens attirés par les États-Unis, comme le Texas, le font principalement pour des raisons économiques, notamment des impôts moins élevés. Amanda von Koppenfels, professeure en migration, souligne que l’Europe n’est plus perçue comme un continent à fuir, mais comme une destination attractive pour y vivre et y travailler.
Le Texas se distingue parmi les États américains en attirant des expatriés européens grâce à sa fiscalité avantageuse et à une politique de promotion active. L’État a même ouvert un bureau de promotion à Londres pour attirer des entrepreneurs et des investisseurs. Cependant, malgré ces avantages, le coût de la vie reste élevé, notamment pour le logement et les taxes foncières. Thomas Phillips, l’entrepreneur britannique, admet que ses dépenses actuelles sont bien supérieures à celles du Royaume-Uni, où il ne payait ni loyer ni crédit immobilier. Malgré cela, il valorise d’autres aspects comme la convivialité des Américains, illustrant ainsi le paradoxe de l’herbe qui semble toujours plus verte ailleurs.
Le contexte politique aux États-Unis joue un rôle central dans ces mouvements migratoires. Sous l’administration Trump, les tensions sociales et les divisions politiques ont poussé certains Américains à chercher refuge en Europe. À l’inverse, des Européens, notamment des entrepreneurs, voient dans les États-Unis une opportunité de réduire leurs charges fiscales et de bénéficier d’un environnement économique plus dynamique. Elise Slotte, qui gère une agence d’expatriation au Portugal, note que ses clients sont souvent des personnes issues de minorités (LGBTQ+ ou juives), reflétant une insécurité croissante dans certains États américains. Ces dynamiques montrent comment les choix migratoires sont influencés par des facteurs à la fois économiques et politiques.

