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Droit

« Demandez-nous d'abord » : les enfants réclament leur mot à dire sur l'avenir de l'IA

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 22 j

Les enfants doivent être considérés comme des titulaires de droits à part entière dans le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), a affirmé mardi le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, appelant à placer leur sécurité et leur voix au cœur de la gouvernance de ces technologies..

Les enfants et l'IA

Les enfants d’aujourd’hui sont la première génération à grandir avec l’intelligence artificielle (IA), une technologie capable d’imiter des comportements intelligents comme le raisonnement ou l’apprentissage. Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, ces enfants sont souvent les derniers consultés sur les décisions concernant l’IA, alors qu’ils en subissent directement les conséquences. Une enquête menée par le bureau du Haut-Commissaire et ses partenaires a interrogé plus d’un millier d’enfants dans 49 pays. Ces derniers ont exprimé des inquiétudes majeures : les fausses images générées par IA (comme des photos ou vidéos truquées de personnes réelles), l’exploitation de leurs données personnelles (informations les concernant, comme leur nom ou leurs photos), une possible réduction de leur créativité et le risque que l’IA remplace les interactions humaines avec leur famille, leurs amis, leurs enseignants ou leurs thérapeutes. Leur demande principale est claire : être consultés avant que des décisions ne soient prises, et non après.

Risques concrets

L’IA offre des opportunités aux enfants, comme l’accès à l’éducation, à la création ou à des services, mais elle présente aussi des dangers réels. Selon l’UNICEF, une agence des Nations Unies dédiée à la protection de l’enfance, au moins 1,2 million d’enfants dans 11 pays ont vu leur image transformée en contenus sexuels truqués par IA en seulement un an. Ces contenus, bien que générés par une machine, causent des dommages bien réels aux enfants concernés. Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF, souligne que ces risques ne sont pas théoriques : ils sont déjà une réalité pour de nombreux jeunes. Elle rappelle que l’IA peut aussi menacer leur sécurité en ligne, leur vie privée ou leur bien-être psychologique. Ces risques justifient une action urgente pour protéger les enfants dans l’environnement numérique.

Cadre juridique

Pour Volker Türk, la Convention relative aux droits de l’enfant (un traité international adopté en 1989 et ratifié par la majorité des pays du monde) doit s’appliquer à l’IA. Ce texte garantit aux enfants des droits fondamentaux comme la protection, l’éducation ou la participation. Le Haut-Commissaire insiste sur la nécessité d’évaluer les risques liés à l’IA avant son déploiement, en tenant compte des droits humains. Il demande plus de transparence (clarté sur le fonctionnement des systèmes d’IA) et des contrôles indépendants (vérifications réalisées par des organismes neutres) pour s’assurer que ces technologies respectent les droits des enfants. Il rejette les engagements volontaires des entreprises, estimant que des lois strictes sont indispensables pour une protection efficace.

Coalition internationale

Une Coalition pour les droits et la protection des enfants à l’ère de l’IA a été lancée en juillet 2026. Cette initiative rassemble des gouvernements, des agences de l’ONU (comme l’UNICEF), des entreprises technologiques, des organisations de la société civile et des experts. Dix-sept pays ont déjà rejoint cette coalition, dont la France, l’Espagne, le Kenya et l’Australie. Son objectif est de faire participer les enfants à la conception, au déploiement (mise en service) et au contrôle des systèmes d’IA qui influencent leur vie. La coalition vise à placer la sécurité et les droits des enfants au cœur du développement de ces technologies, à renforcer les données sur leurs effets et à donner une voix aux jeunes dans les décisions qui les concernent. Pour Catherine Russell, cette approche collective est essentielle pour façonner un avenir numérique respectueux des droits de l’enfant.

Ce que ça pourrait changer

Les acteurs clés – gouvernements, entreprises technologiques et société civile – sont appelés à placer les enfants et leurs droits au centre du débat sur l’IA. Volker Türk et Catherine Russell soulignent que cette responsabilité est collective et urgente. Les gouvernements doivent faire respecter les lois, tandis que les entreprises doivent intégrer des garde-fous dès la conception des outils. La coalition mise sur la participation active des enfants, qui veulent être écoutés avant que des décisions ne soient prises. Leur inclusion dans les processus décisionnels est présentée comme une condition pour un développement éthique et sûr de l’IA. L’enjeu est de concilier innovation technologique et protection des plus vulnérables, dans un contexte où l’IA devient omniprésente dans la vie quotidienne des jeunes.

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