Duhaime promet quatre hôpitaux privés pour une santé «plus efficace»
Les conservateurs promettent un hôpital dans la capitale et un autre dans la métropole..
Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, propose la construction de quatre hôpitaux privés au Québec, doublant ainsi la promesse initiale de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui en annonçait deux. Ces établissements seraient répartis dans la capitale (Québec), la métropole (Montréal) et deux autres régions, dont l’emplacement exact dépendrait d’une logique de concurrence entre les territoires. Selon le PCQ, ces hôpitaux seraient des vrais hôpitaux généraux, avec des services comme les urgences ouvertes 24h/24, des lits d’hospitalisation de courte durée, des blocs opératoires et des consultations en médecine générale et spécialisée. Le financement de leur construction et de leur exploitation serait entièrement privé, tandis que l’État deviendrait un acheteur de capacités de soins, c’est-à-dire qu’il paierait pour l’accès aux services plutôt que pour chaque acte médical individuel.
Le PCQ défend l’idée que l’État n’a pas besoin de posséder et d’exploiter directement chaque infrastructure médicale pour garantir l’accès aux soins. Karim El-Ayoubi, porte-parole du parti en matière de santé et candidat dans la circonscription de Chauveau, explique que le gouvernement doit simplement s’assurer que les soins soient disponibles, accessibles, sécuritaires et achetés à un prix raisonnable. Pour le PCQ, cette approche permettrait une plus grande efficacité et une réduction des coûts, grâce à une innovation accrue dans la gestion des hôpitaux privés. Éric Duhaime affirme que ces hôpitaux offriront tous les services assurés par le public, et ce, gratuitement pour tous les Québécois.
Une analyse scientifique commandée par le Collège des médecins remet en question les prétentions du PCQ concernant l’efficacité des hôpitaux privés. Une méta-analyse (étude regroupant 21 recherches) portant sur 80 hôpitaux dans six pays (Allemagne, États-Unis, Taïwan, Belgique, Italie et Espagne) n’a trouvé aucune preuve que les hôpitaux privés aient des coûts d’exploitation plus faibles que les hôpitaux publics. Au contraire, la littérature scientifique suggère que les soins sont généralement moins coûteux dans le secteur public. Le document conclut que l’efficacité dépend du type de services offerts et qu’il faut comparer les deux secteurs avant de trancher. Pour le PCQ, cette comparaison doit passer par une concurrence entre les réseaux public et privé, afin de déterminer lequel est le plus performant.
Le PCQ estime que la création de ces quatre hôpitaux privés pourrait accélérer le *désengagement* des médecins du **Régime d’assurance-maladie du Québec (RAMQ)**, c’est-à-dire leur décision de ne plus travailler dans le système public. Le Québec compte actuellement 831 médecins qui ne facturent pas leurs actes via la RAMQ, contre moins de 20 dans le reste du Canada, dont 11 en Ontario. Selon Karim El-Ayoubi, ces nouveaux hôpitaux pourraient attirer ces médecins, car ils seraient financés par la carte d’assurance maladie, ce qui signifie qu’ils travailleraient *indirectement pour l’État*. Le PCQ précise que ces médecins seraient rémunérés par l’État, mais dans un cadre privé.

