« Ça suffit! », dit Trump après l’annonce de contre-tarifs par Carney
L'acier et les produits laitiers américains seront entre autres visés par les contre-tarifs canadiens..
Donald Trump, président des États-Unis, a réagi publiquement dans la nuit du dimanche 23 août 2026 après que le Canada ait annoncé de nouveaux droits de douane à son encontre. Il a critiqué Ottawa sur le réseau social Truth Social, déclarant que le Canada souhaite bénéficier des avantages d'un État américain sans en assumer les responsabilités. Trump a également évoqué les tarifs douaniers élevés imposés pendant des années aux agriculteurs américains, estimant que cette situation devait cesser. Ces propos surviennent après l'échec des négociations commerciales entre les deux pays, marquées par des tensions récurrentes, notamment sur le système de gestion de l'offre du secteur laitier canadien, que les États-Unis jugent protectionniste. Trump a par ailleurs réitéré son souhait de faire du Canada le 51e État des États-Unis, une idée qu'il avait déjà exprimée en janvier 2025 lors de son retour au pouvoir.
Le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé le samedi 22 août 2026 de nouveaux droits de douane canadiens visant les industries américaines de l'acier et des produits laitiers. Ces mesures, qui entreront en vigueur le 8 septembre 2026, constituent une réponse aux surtaxes américaines de 50% imposées depuis le 20 août 2026 sur environ 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes. Ottawa justifie cette riposte par l'échec des négociations commerciales, Carney ayant indiqué que des concessions jugées inacceptables avaient été demandées par Washington à la dernière minute. Parmi ces demandes figuraient la restriction de la capacité du Canada à signer des accords commerciaux avec d'autres pays, ainsi que des limitations sur des mesures protégeant la langue française, comme la découvrabilité de contenu francophone ou l'affichage en français sur certains produits.
Lors des négociations commerciales avortées, les États-Unis ont proposé des conditions jugées inacceptables par le Canada. Parmi ces demandes figuraient la réduction des tarifs sur les voitures, mais uniquement pour les véhicules de taille moyenne et les camions lourds, excluant ainsi d'autres catégories. Washington aurait également tenté de limiter certaines mesures canadiennes visant à protéger la langue française, comme l'obligation d'afficher en français sur des produits ou de promouvoir du contenu francophone sur les plateformes de diffusion. Ces propositions ont été perçues comme une ingérence dans la souveraineté canadienne, notamment par le premier ministre Carney, qui a rompu les négociations en conséquence. Plusieurs premiers ministres provinciaux, dont Doug Ford de l'Ontario, ont soutenu la riposte tarifaire canadienne, soulignant l'importance d'une unité nationale face à cette menace économique.
Face à cette escalade commerciale, les provinces canadiennes ont affiché leur soutien à la stratégie de riposte tarifaire du gouvernement fédéral. Le Québec a annoncé deux programmes d'aide aux entreprises dès le 22 août 2026, tandis que le ministre québécois de l'Économie, Bernard Drainville, a indiqué que ces mesures seraient complémentaires à celles du gouvernement fédéral. Ottawa prépare également des programmes d'aide, incluant potentiellement un soutien aux salaires, similaire à celui mis en place pendant la pandémie de COVID-19. Drainville a appelé à une approche prudente dans le choix des produits ciblés par les contre-tarifs, afin d'éviter des répercussions négatives sur l'économie locale. Le Québec consulte activement les entreprises pour identifier les produits les plus adaptés à cette riposte, avec une liste finale qui sera annoncée dans les prochains jours.
Cette guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis s'inscrit dans un contexte de tensions économiques et politiques récurrentes. Les surtaxes américaines de 50% sur 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes et les nouveaux droits de douane canadiens sur l'acier et les produits laitiers américains illustrent l'escalade des mesures protectionnistes. Le système de gestion de l'offre, qui protège le secteur laitier canadien, est depuis longtemps un point de friction avec les États-Unis, qui souhaitent un meilleur accès à ce marché. Par ailleurs, les négociations commerciales ont échoué en raison de demandes américaines perçues comme une atteinte à la souveraineté canadienne, notamment sur la langue française et la capacité du Canada à signer des accords internationaux. Les gouvernements fédéral et provinciaux tentent désormais de limiter les impacts économiques de cette crise sur les entreprises et les emplois.

