Le SPVM enquête sur des allégations de brutalité formulées par des journalistes
«Deux agents m’ont frappé alors que j’étais étendu sur le trottoir», a raconté le photographe William Wilson..
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a lancé une enquête interne après des allégations de brutalité policière formulées par des journalistes couvrant une manifestation anti-intelligence artificielle (IA) le 16 septembre 2023 à Montréal. La Division des normes professionnelles du SPVM confirme avoir été informée de la situation dès le soir même par un cadre présent sur place. Cette division est chargée de vérifier le respect des règles et des procédures par les policiers. Le SPVM a précisé que des vérifications sont encore en cours concernant des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrant des agents maîtrisant un manifestant. L’enquête vise à déterminer si les policiers ont utilisé une force excessive ou non conforme aux protocoles en vigueur.
Deux journalistes indépendants, William Wilson (photographe) et Isaac Peltz (journaliste), ont rapporté avoir été victimes de violences policières lors de la manifestation. Wilson a décrit sur les réseaux sociaux avoir reçu un coup de matraque dans le dos, puis avoir été projeté au sol par des policiers antiémeutes. Alors qu’il était à terre, il affirme avoir été frappé à plusieurs reprises avec des coups de pied et de matraque, notamment à la tête et au cou, malgré ses cris indiquant qu’il était blessé et incapable de se relever. Wilson a été hospitalisé et diagnostiqué avec une commotion cérébrale. De son côté, Peltz a partagé des vidéos où l’on voit des policiers pousser les deux journalistes et leur crier des ordres comme bouge ou bouge le journaliste. Les deux hommes couvraient la manifestation en tentant de capturer des images des événements.
Le SPVM a justifié son intervention en déclarant avoir utilisé des techniques de dispersion pour rétablir l’ordre lors de la manifestation. Ces techniques incluent généralement l’utilisation de projectiles, comme des grenades lacrymogènes ou des balles en caoutchouc, pour disperser les groupes de manifestants. Le corps policier a confirmé avoir lancé des projectiles et arrêté un homme de 19 ans pour une agression armée envers les policiers. Les journalistes ont également signalé avoir été exposés à des irritants chimiques, probablement des gaz lacrymogènes, lancés en leur direction. Le SPVM n’a pas précisé si ces actions visaient spécifiquement les journalistes ou s’ils étaient pris dans une zone de tension.
La manifestation du 16 septembre 2023 à Montréal était dirigée contre l’intelligence artificielle (IA), un sujet devenu un enjeu politique aux États-Unis et au Canada. Les manifestants exprimaient des craintes liées au développement de cette technologie. Les journalistes Wilson et Peltz se trouvaient entre les manifestants et les policiers pour documenter les événements. Leurs positions, souvent en première ligne, les exposaient davantage aux risques de heurts. Le SPVM n’a pas commenté la légitimité des revendications des manifestants, mais a souligné que l’ordre public devait être maintenu. La présence de projectiles et de techniques de dispersion indique que les autorités considéraient la situation comme potentiellement dangereuse.

