Dans la campagne anglaise, avec les saboteuses de parties de chasse
Weasel, Lynn et Emma traquent chaque semaine les adeptes de la vénerie, soupçonnés de continuer à tuer des animaux en dépit de l’interdiction en vigueur depuis plus de vingt ans. Pour le média en ligne “Dispatch”, un journaliste s’est joint à ces justicières pour une action d’entrave, dans une ambiance à la fois tendue et empreinte de courtoisie britannique..
La chasse à courre simulée est une pratique traditionnelle britannique où des chiens (souvent des foxhounds) poursuivent un renard à travers la campagne, sans le tuer directement. Contrairement à une chasse classique, le renard n'est pas capturé ni tué par les chasseurs, mais il est traqué jusqu'à épuisement avant d'être relâché. Cette activité, appelée Beaufort Hunt dans l'article, se déroule sur une zone de 22 000 hectares dans le sud du Gloucestershire. Elle s'inscrit dans une tradition historique où les nobles britanniques organisaient des chasses à courre pour le sport et la démonstration de statut social. Aujourd'hui, cette pratique est de plus en plus contestée par des groupes de défense des animaux et des militants écologistes.
Les saboteuses de chasse sont des individus ou des groupes qui interviennent pour perturber les chasses à courre en libérant les animaux traqués ou en détruisant le matériel utilisé (filets, trappes). Leur action vise à sauver des renards, des lièvres, des cerfs ou d'autres animaux sauvages de leur funeste sort. Le mouvement a commencé en 1964 au Royaume-Uni et s'est développé avec des centaines de participants à travers le pays. Weasel, une enseignante à la retraite de 70 ans, est l'une de ces saboteuses. Elle consacre une partie de son temps libre à ces interventions, aux côtés d'autres militants. Leur organisation repose sur un réseau flou de cellules autonomes, sans hiérarchie centrale, ce qui rend leur action difficile à contrer pour les autorités.
L'article fait référence à L'Épopée de Gilgamesh, un récit épique sumérien vieux de 4 000 ans, pour illustrer une opposition ancienne entre l'humanité et les animaux sauvages. Dans ce texte, Enkidu, un homme sauvage, agit comme un saboteur en libérant les animaux piégés par les chasseurs. Cette comparaison souligne la continuité d'une lutte symbolique entre les humains et la nature, où certains individus prennent le parti de protéger les animaux contre les pratiques de chasse. Le Royaume-Uni, avec ses traditions de chasse à courre, est un terrain de cette confrontation moderne entre conservation et tradition.
Les militants comme Weasel agissent de manière clandestine pour perturber les chasses. Leur objectif est de sauver des animaux en recouvrant les trappes, en coupant les filets ou en créant des leurres pour distraire les chiens. Ces actions sont souvent menées en coordination avec d'autres groupes, mais sans structure formelle, ce qui complique leur identification par les autorités. Leur engagement s'inscrit dans une volonté de protéger la faune sauvage contre des pratiques perçues comme cruelles ou anachroniques. Cependant, leurs actions restent illégales et peuvent entraîner des poursuites judiciaires. L'article souligne que leur mouvement s'est développé en réponse à la persistance de traditions comme la Beaufort Hunt.
La pratique de la chasse à courre simulée est de plus en plus contestée au Royaume-Uni, notamment en raison des préoccupations croissantes pour le bien-être animal. En 2004, le *Hunting Act* a interdit la chasse au renard avec des chiens en Angleterre et au Pays de Galles, mais des exceptions permettent des chasses

