À Gaza, enseigner la musique sous les tentes
Avec les moyens du bord, un petit groupe d’anciens employés du Conservatoire national, détruit par la guerre, a décidé de dispenser des cours dans un camp de déplacés. Un acte de résistance pacifique visant à ressusciter l’institution et à apaiser, un tant soit peu, des jeunes traumatisés par le conflit, relate “The Guardian” sur place..
Trois tentes de fortune, alignées sur une bande de sable à Gaza, abritent depuis mai 2026 un programme d’éducation musicale. Ces abris, situés près de la Méditerranée, sont entourés de centaines d’autres tentes surpeuplées dans un camp de déplacés. Malgré leur cadre précaire, les tentes du Conservatoire national palestinien Edward-Said diffusent des sons de guitare, violon et flûte. Le contraste entre la musique et l’environnement chaotique est frappant : les enfants circulent parmi les décombres, tandis que des drones militaires israéliens survolent la zone. L’article souligne que ces tentes, initialement temporaires, sont devenues un lieu d’apprentissage permanent en raison des destructions massives à Gaza.
Fondé en 1993, le Conservatoire national palestinien Edward-Said (nommé en hommage au penseur palestino-américain Edward Said) était autrefois un établissement culturel bien équipé à Gaza. Il disposait de trois pianos, d’une réserve d’instruments et de partitions, et ses élèves se produisaient internationalement. Avant les conflits récents, le conservatoire représentait un symbole de fierté culturelle pour les Palestiniens. Cependant, les destructions liées aux guerres ont réduit ses locaux à des tentes. Malgré cela, il maintient ses activités, offrant un soutien psychologique essentiel aux enfants et jeunes déplacés par les conflits.
La musique est présentée comme un outil essentiel de soutien psychologique pour les enfants et adolescents de Gaza, souvent traumatisés par les violences et les déplacements forcés. Les cours proposés incluent la musique classique, populaire et traditionnelle, avec des instruments comme le violon, la guitare ou la flûte. Ces activités visent à restaurer un sentiment de normalité et d’espoir dans un contexte de crise humanitaire. Les enseignants, comme ceux du conservatoire, utilisent l’art comme une forme de résilience, malgré les conditions de vie précaires. L’article souligne que cette initiative dépasse le simple apprentissage musical pour devenir un moyen de reconstruction émotionnelle et sociale.
Gaza, territoire palestinien sous blocus israélien depuis 2007, est marqué par une densité de population élevée (environ 2 millions d’habitants sur 365 km²) et des infrastructures détruites par les conflits répétés. Les camps de déplacés, comme celui décrit dans l’article, sont surpeuplés et manquent de ressources de base. Les routes, criblées de nids-de-poule, rendent les déplacements difficiles, tandis que le bruit des drones militaires rappelle la présence constante de la guerre. Dans ce contexte, l’accès à l’éducation, et notamment à la musique, devient un luxe rare, soulignant l’urgence des initiatives comme celle du conservatoire.
Le *Conservatoire national palestinien Edward-Said* incarne la résistance culturelle palestinienne face aux destructions. Avant les conflits, il formait des musiciens capables de se produire à l’international, contribuant à la visibilité de la culture palestinienne. Aujourd’hui, son antenne gazaouie, réduite à des tentes, représente un symbole de persévérance. L’article met en lumière l’importance de préserver ces institutions, non seulement pour l’éducation artistique, mais aussi pour maintenir un lien avec l’identité palestinienne. Cependant, les ressources limitées (instruments, partitions, locaux) menacent la continuité de ces activités, malgré leur rôle crucial dans la résilience des populations.

