Résidences de la réussite : le Crous renforce l’accompagnement des étudiants
À Aix-en-Provence, une nouvelle résidence de la réussite accompagne les étudiants boursiers de première année. Tutorés par des étudiants expérimentés, ils bénéficient de conseils, d’entraide et d’un collectif pour mieux vivre leurs débuts à l’université et prévenir le décrochage..
En septembre 2026, le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) a lancé des résidences de la réussite dans 12 villes françaises supplémentaires, portant leur nombre total à 18. Ces résidences visent à accompagner spécifiquement les étudiants boursiers de première année, un public particulièrement vulnérable au décrochage. L'objectif est de leur offrir un soutien à la fois pédagogique et social pour faciliter leur transition vers l'enseignement supérieur. Ce dispositif s'inscrit dans une politique nationale visant à réduire le taux d'échec en première année, qui atteint environ 50 % en France. Les résidences de la réussite se distinguent des logements classiques du Crous par leur approche collective et encadrée, combinant hébergement et accompagnement personnalisé.
Les résidences de la réussite fonctionnent selon un modèle où les étudiants de première année, appelés tutorés, partagent un étage avec des tuteurs expérimentés, généralement en 3ᵉ année de licence ou en master. Ces tuteurs, volontaires et formés, consacrent 4 heures par semaine à des activités d'accompagnement : aide méthodologique, conseils sur les cours, partage d'expériences ou encore organisation de la vie étudiante. L'idée est de créer un environnement solidaire où les étudiants peuvent s'entraider et briser l'isolement. Par exemple, à Aix-en-Provence, une résidence regroupe une vingtaine de tutorés à un même étage, favorisant les échanges spontanés. Les activités proposées incluent aussi des visites de la ville ou des ateliers pour apprendre à utiliser des outils numériques, comme des applications de bons plans locaux.
Deux étudiants, Inès Lou et Tilaï, illustrent les bénéfices de ce dispositif. Inès, 18 ans, originaire de Valence, souligne que la résidence lui offre une sécurité émotionnelle : savoir que ses voisins sont dans une situation similaire à la sienne (souvent des boursiers) crée un sentiment de solidarité. Tilaï, 17 ans, issu d'un petit village des Hautes-Alpes, explique avoir eu une scolarité atypique en raison de son autisme, avec des aménagements d'emploi du temps et des dispenses d'assiduité. Pour lui, le tutorat est essentiel pour acquérir une méthodologie de travail adaptée à l'université. Les deux étudiants mettent en avant l'importance des activités collectives pour s'intégrer à la vie étudiante et découvrir leur nouvel environnement urbain.
Les tuteurs, comme Soléa (étudiante en 3ᵉ année de droit) et Perrine (étudiante en master de droit), jouent un rôle clé dans ce dispositif. Soléa explique que les questions posées par les tutorés dépassent souvent le cadre académique, portant sur des aspects pratiques de la vie étudiante. Elle-même a connu des difficultés en première année, ayant redoublé en raison d'un manque de repères. Perrine insiste sur l'importance du travail en groupe pour éviter l'isolement, un facteur majeur de décrochage. Leur engagement volontaire s'inscrit dans une logique de transmission d'expérience, où les tuteurs apportent un soutien à la fois technique et humain, complémentaire aux enseignements universitaires.
Bénédicte Durand, présidente du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires), souligne que le problème du décrochage en première année est structurel en France, avec un taux d'échec d'environ 50 %. Les boursiers sont particulièrement touchés, leur taux de décrochage étant supérieur à celui des non-boursiers. Le Cnous mise sur les résidences de la réussite pour inverser cette tendance, en y développant une *vie sociale riche* et un accompagnement global. L'objectif est d'avoir une résidence par académie d'ici 2028. Les premières évaluations montrent une baisse du décrochage dans les résidences existantes, confirmant l'efficacité du modèle. Ce dispositif s'ajoute à d'autres mesures, comme les aménagements pour les étudiants en situation de handicap, illustrant une approche multidimensionnelle de la réussite étudiante.

