Le prix de la dette 3/5 : États-Unis : le seuil de 40 000 milliards de dollars de dette dépassé plus vite que prévu
C'est le pays où la dette publique est la plus élevée du Globe en valeur : les États-Unis. La dette publique de la première puissance mondiale a franchi cet été le seuil des 40 000 milliards de dollars.
En août 2026, la dette publique des États-Unis a dépassé pour la première fois le seuil historique de 40 000 milliards de dollars, soit près de 36 000 milliards d’euros. Ce montant représente la dette accumulée par l’État fédéral américain auprès de ses créanciers, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Cette situation place les États-Unis en tête des pays les plus endettés au monde en valeur absolue. Pourtant, les prévisions du Congrès américain tablaient sur un franchissement de ce cap seulement en 2027. Cette accélération s’explique principalement par l’inflation, qui reste supérieure à 3 % sur un an, bien au-delà de l’objectif de 2 % fixé par l’administration Trump. L’inflation désigne la hausse générale et durable des prix des biens et services dans une économie, ce qui réduit le pouvoir d’achat des ménages.
L’inflation joue un rôle central dans l’aggravation de la dette américaine. En 2026, elle dépasse les 3 %, alimentée notamment par la guerre en Iran qui perturbe les approvisionnements en pétrole et fait flamber les cours. Cette hausse des prix oblige l’État à emprunter davantage pour financer ses dépenses, car les investisseurs exigent des rendements plus élevés sur les bons du Trésor (des titres de dette émis par le gouvernement pour emprunter de l’argent). Le taux d’intérêt à dix ans, qui reflète le coût de l’emprunt de l’État sur cette durée, a ainsi dépassé 5 %, un niveau inédit depuis le début des années 2000. Cette spirale rend la dette encore plus coûteuse à rembourser, car les intérêts à payer augmentent mécaniquement.
La dette publique américaine atteint désormais 126 % du PIB (Produit Intérieur Brut), un indicateur qui mesure la richesse produite par un pays en un an. Pour comparaison, ce ratio était de 100 % en 2020. Cette proportion place les États-Unis parmi les pays les plus endettés au monde, derrière des nations comme le Japon ou la Grèce. La dette est détenue en grande partie par des acteurs américains, notamment des fonds de pension, des banques et des particuliers, ce qui limite partiellement les risques de crise de confiance. Cependant, les intérêts de la dette sont devenus le deuxième poste de dépense de l’État fédéral, juste après les aides sociales, ce qui pèse lourdement sur le budget.
Malgré l’urgence de la situation, la dette publique est un sujet largement absent des débats politiques aux États-Unis, à trois semaines des élections de mi-mandat. Ni les républicains ni les démocrates ne l’abordent de manière prioritaire. Donald Trump, revenu à la Maison Blanche pour un second mandat, avait pourtant fait de la réduction des dépenses publiques un axe central de sa campagne. Son administration a même créé le DOGE (Département de l’Efficacité gouvernementale), dirigé par Elon Musk, pour rationaliser les dépenses. Cependant, ce département a été démantelé après des dysfonctionnements et des erreurs de gestion. Par ailleurs, une loi de baisses d’impôts a été votée, réduisant encore les recettes de l’État sans compenser les déficits.
La hausse des taux d’intérêt, décidée par la *Fed* (*Réserve fédérale américaine*, la banque centrale des États-Unis), complique la gestion de la dette. Kevin Warsh, nommé à la tête de la Fed par Trump, a été contraint de relever les taux directeurs pour lutter contre l’inflation, mais cette mesure alourdit le coût de la dette. Parallèlement, des dépenses imprévues ont aggravé la situation, comme le remboursement des droits de douane annulés par la Cour suprême. Les tensions géopolitiques, notamment avec l’Iran, ajoutent une incertitude supplémentaire : une dégradation de la stabilité internationale pourrait décourager les investisseurs étrangers et fragiliser la confiance dans la dette américaine. Pourtant, les États-Unis restent perçus comme la première puissance économique mondiale.

