En Turquie, le fils d’Erdogan fait main basse sur les écoles d’été
Bilal Erdogan, qui tente de se positionner comme le futur successeur de son père, va organiser, durant tout l’été, des enseignements religieux à destination de 550 000 enfants dans les écoles publiques de Turquie. Le tout par l’intermédiaire d’une association bénéficiant de fonds européens..
En Turquie, l’inflation atteint des niveaux élevés, ce qui limite la capacité des ménages à financer des vacances traditionnelles. Selon le média en ligne T24, seulement 24 % des Turcs prévoient de partir en vacances cet été 2026. Cette situation économique difficile pousse les familles à chercher des alternatives moins coûteuses pour occuper leurs enfants pendant les congés scolaires. Les écoles d’été, proposées gratuitement dans tout le pays, représentent une solution accessible pour de nombreux parents, malgré les contraintes budgétaires. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le pouvoir d’achat est fortement réduit par l’inflation, un phénomène qui désigne la hausse généralisée et durable des prix des biens et services dans une économie.
Les écoles d’été turques sont organisées par la fondation Tügva, une association présidée par Bilal Erdogan, fils du président turc Recep Tayyip Erdogan. Bilal Erdogan est une figure influente en Turquie, souvent associée à des initiatives culturelles et éducatives. La fondation Tügva, dont il est le président, joue un rôle central dans la promotion de ces établissements, qui sont présents dans toutes les provinces du pays. Le quotidien islamiste Yeni Akit, qui s’est rendu dans l’une de ces écoles, souligne l’engagement de Bilal Erdogan dans ce projet, notamment à travers des activités comme le tir à l’arc, qu’il apprécie particulièrement. Ces écoles bénéficient ainsi d’un soutien politique et institutionnel fort, lié à la famille Erdogan.
Les écoles d’été proposent un programme structuré sur six semaines, accueillant 550 000 enfants déjà inscrits. La journée est divisée en deux parties : le matin est consacré à des cours de religion, notamment l’étude du Coran et la vie du prophète Mahomet, ainsi qu’à des leçons de morale. Ces enseignements s’inscrivent dans une approche éducative religieuse et civique. L’après-midi est dédié à des activités ludiques, comme des jeux de société ou des sports, dont le tir à l’arc, une discipline que Bilal Erdogan apprécie. Une élève de 10 ans interviewée par Yeni Akit déclare apprécier cette école, car elle y apprend des éléments religieux tout en s’amusant, et encourage ses camarades à y participer plutôt que de rester devant des écrans pendant l’été.
L’initiative des *écoles d’été* soulève des questions sur l’influence de la famille Erdogan dans le domaine éducatif en Turquie. Ces établissements, gratuits et largement répandus, pourraient être perçus comme un outil de diffusion des valeurs religieuses et politiques portées par le gouvernement islamo-nationaliste de Recep Tayyip Erdogan. En offrant une alternative aux vacances traditionnelles, ces écoles renforcent également l’emprise de la fondation Tügva, dirigée par son fils Bilal, sur la jeunesse turque. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de contrôle social et de promotion d’une vision spécifique de la société, où la religion et la morale occupent une place centrale dans l’éducation.

