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Généraliste

McGuinty relativise les propos de Carney sur le risque d’invasion américaine

Le Devoir · mis à jour il y a 20 j

Le premier ministre a évoqué cette question lors d’un entretien avec le «New York Times»..

Contexte politique

Le premier ministre canadien Mark Carney a évoqué publiquement un scénario extrême lors d’un entretien avec le New York Times : la possibilité d’une intervention militaire américaine sur le territoire canadien. Il a précisé que cette étude s’inscrivait dans une démarche de préparation aux risques extrêmes, sans donner de détails concrets. Cette déclaration intervient dans un contexte où les relations entre le Canada et les États-Unis sont tendues, notamment en raison des menaces répétées du président américain Donald Trump de faire du Canada le 51e État des États-Unis. Ces menaces, formulées depuis deux ans, visent davantage une coercition économique qu’une invasion militaire directe. Le Canada et les États-Unis entretiennent pourtant l’une des relations militaires les plus étroites au monde, collaborant depuis des décennies pour la sécurité de l’Amérique du Nord.

Réaction du ministre

Le ministre canadien de la Défense, David McGuinty, a minimisé les propos de Mark Carney en les qualifiant de normaux. Il a expliqué que toutes les armées du monde analysent des scénarios de risque, même les plus improbables, pour se préparer à toute éventualité. McGuinty a refusé de détailler les conclusions de cette étude, soulignant qu’il s’agissait d’un cadre conceptuel et théorique plutôt que d’un plan d’action concret. Il a également invité les Canadiens à considérer ces propos comme un risque à l’extrême, sans y accorder une importance excessive. Cette position vise à rassurer l’opinion publique tout en maintenant une posture de vigilance stratégique.

Simulations militaires

En janvier 2025, le Globe and Mail a révélé que les Forces armées canadiennes avaient simulé une invasion militaire américaine hypothétique du Canada. Cette simulation, décrite comme un exercice théorique, s’inscrivait dans une série de préparations aux scénarios de crise. Parallèlement, les tensions entre les deux pays se sont intensifiées avec la publication récente d’images générées par intelligence artificielle (IA) montrant l’Amérique du Nord recouverte du drapeau américain, incluant le Canada, le Mexique, le Groenland et d’autres régions. Ces images ont été interprétées comme une provocation symbolique, bien que leur impact réel reste difficile à évaluer.

Réponse américaine

Les déclarations de Mark Carney ont suscité des réactions aux États-Unis. L’amiral Samuel Paparo, chef du Commandement américain du Pacifique, a catégoriquement rejeté l’idée d’une invasion du Canada lors d’une conférence de presse à Victoria en septembre 2025. Il a qualifié ce scénario de totalement absurde et a précisé qu’il suivrait les ordres du président Trump, tout en jugeant la question inutilement émotionnelle. Cette réponse vise à apaiser les craintes d’une escalade militaire entre les deux pays, malgré les tensions politiques persistantes.

Ce que ça pourrait changer

Le député conservateur Ellis Ross a critiqué les propos de Mark Carney, les qualifiant d’*irresponsables* car ils pourraient attiser la peur et la division au sein de la population canadienne. Ross a souligné que les Canadiens font déjà face à des enjeux majeurs comme l’accessibilité financière, la criminalité et la crise des drogues, et que ces déclarations détournent l’attention des problèmes réels. Il a également estimé qu’il était *déplacé* pour un dirigeant d’un pays du *premier monde* de tenir de tels propos à l’égard d’un autre pays du même niveau de développement.

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