Assurance chômage : ce qui change depuis le 1er septembre 2026
Depuis le 1er septembre 2026, plusieurs règles d’assurance chômage évoluent. Les changements concernent notamment la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle, le calcul de l’allocation, le maintien des droits jusqu’à la retraite et le versement de l’Arce..
Depuis le 1er septembre 2026, l'accès à l'assurance chômage en France est modifié par de nouveaux critères d'éligibilité. Désormais, pour bénéficier des allocations chômage, un salarié doit avoir travaillé au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, contre 6 mois sur les 28 mois auparavant. Ce changement vise à resserrer les conditions d'accès, dans un contexte où le chômage reste un enjeu économique majeur. L'assurance chômage est un système public qui verse des indemnités aux travailleurs involontairement privés d'emploi, financé par des cotisations prélevées sur les salaires. Les demandeurs d'emploi doivent désormais justifier d'une période d'activité plus récente, ce qui pourrait exclure certains profils habitués à des interruptions de travail plus longues.
La durée pendant laquelle un chômeur peut percevoir des allocations est également ajustée. Les nouveaux bénéficiaires verront leur durée d'indemnisation calculée en fonction de leur ancienneté professionnelle : pour chaque période de 6 mois travaillés, le demandeur aura droit à 1 mois d'allocations, dans la limite maximale de 24 mois (contre 28 mois précédemment). Par exemple, une personne ayant travaillé 2 ans sans interruption pourra prétendre à 24 mois d'indemnités, contre 28 mois avant septembre 2026. Cette mesure s'inscrit dans une logique de maîtrise des dépenses publiques, alors que le budget de l'Unédic (l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage) est sous tension. L'Unédic est une association paritaire, gérée conjointement par les syndicats de salariés et les organisations patronales.
Le montant des allocations chômage est recalculé selon une nouvelle formule. Désormais, le calcul se base sur 70 % du salaire journalier de référence (SJR), contre 75 % auparavant, avec un plafond fixé à 75 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (soit environ 2 700 € brut par mois en 2026). Le salaire journalier de référence correspond à la moyenne des salaires perçus sur les 12 derniers mois précédant la fin du contrat de travail, divisée par le nombre de jours travaillés. Cette baisse du taux de remplacement vise à inciter les demandeurs d'emploi à retrouver rapidement un emploi, tout en limitant l'impact sur les finances de l'Unédic. Le taux de remplacement désigne le pourcentage du salaire antérieur que l'allocation représente.
Les travailleurs de plus de 53 ans bénéficient d'un régime spécifique. Pour eux, la durée minimale d'affiliation reste fixée à 6 mois, mais la durée maximale d'indemnisation est portée à 36 mois (contre 24 mois pour les autres demandeurs d'emploi). Cette mesure s'explique par les difficultés accrues des seniors à retrouver un emploi, notamment en raison des préjugés liés à l'âge. Cependant, pour en bénéficier, ces travailleurs doivent justifier d'une ancienneté minimale de 10 ans au cours des 20 dernières années. Cette disposition s'inscrit dans le cadre des politiques publiques visant à protéger les populations les plus vulnérables sur le marché du travail.
Les demandeurs d'emploi doivent désormais déclarer tous leurs revenus (y compris les revenus accessoires comme les heures supplémentaires ou les petits boulots) chaque mois, sous peine de sanctions. L'Unédic renforce ses contrôles pour lutter contre les fraudes, avec des pénalités pouvant aller jusqu'à 3 mois d'indemnités supprimées en cas de manquement. Ces contrôles s'appuient sur des croisements de données avec les administrations fiscales et les employeurs. L'objectif est de garantir une meilleure équité entre les chômeurs et de réduire les dépenses indues. La fraude à l'assurance chômage représente un coût estimé à plusieurs centaines de millions d'euros par an pour les finances publiques.
Les entreprises sont également concernées par ces changements, car elles doivent désormais informer leurs salariés des nouvelles règles lors de la rupture de leur contrat. En cas de licenciement, l'employeur doit remettre un document explicatif détaillant les nouvelles conditions d'éligibilité et de calcul des allocations. Cette obligation vise à éviter les contestations ultérieures et à clarifier les droits des salariés. Les employeurs doivent également adapter leurs processus de gestion des fins de contrat pour intégrer ces nouvelles règles, notamment en ce qui concerne les attestations d'emploi délivrées aux salariés. Ces attestations sont essentielles pour que les demandeurs d'emploi puissent faire valoir leurs droits auprès de Pôle Emploi.

