En Provence, à l’heure du dérèglement climatique
VOYAGE EN FRANCE 3/8. Après avoir disparu du territoire provençal au XIXᵉ siècle, la pistache y fait son retour.
La pistache, un fruit à coque originaire d’Asie centrale, avait disparu de Provence au XIXe siècle. Depuis 2018, elle fait son retour dans cette région du sud-est de la France, notamment dans le Vaucluse, autour du village de La Bastidonne. Ce retour s’inscrit dans une stratégie d’adaptation au dérèglement climatique. L’agronome Benoît Dufay, coordinateur technique du syndicat France Pistache, supervise ces plantations. La pistache est surnommée l’or vert en raison de sa valeur économique croissante et de sa résistance relative aux conditions climatiques difficiles. Cette culture remplace progressivement certaines vignes, traditionnellement dominantes dans la région, mais vulnérables aux sécheresses et aux canicules.
La Provence, région bordée par la Méditerranée, est l’une des zones les plus touchées par le dérèglement climatique en France. Depuis 2018, les températures y augmentent plus vite que prévu par les scientifiques, avec des étés de plus en plus chauds et secs. La Bastidonne, un village de moins de 1 000 habitants dans le Vaucluse, illustre cette tendance. Les scientifiques qualifient cette zone de foyer du dérèglement climatique, où les effets du réchauffement se manifestent de manière plus intense et plus rapide qu’ailleurs. Les agriculteurs locaux, comme Benoît Dufay, observent ces changements au quotidien et tentent de s’adapter, mais le rythme des transformations dépasse souvent leurs capacités d’ajustement.
Face à l’aggravation des sécheresses et des canicules, les agriculteurs provençaux cherchent des alternatives aux cultures traditionnelles, comme la vigne, qui souffrent de plus en plus. La pistache, grâce à sa résistance à la chaleur et à sa faible consommation d’eau, devient une solution privilégiée. Benoît Dufay souligne que cette culture permet de transformer une crise en opportunité plutôt que de la subir passivement. Cependant, cette transition n’est pas sans défis : les jeunes pistachiers nécessitent des soins attentifs, et leur rendement n’est pas encore optimal. Malgré ces obstacles, la pistache représente une piste prometteuse pour l’avenir de l’agriculture locale.
Le syndicat France Pistache, dirigé par Benoît Dufay, joue un rôle central dans le développement de cette filière en Provence. Ce syndicat coordonne les efforts des agriculteurs, partage les bonnes pratiques et promeut la pistache comme une culture d’avenir. Le retour de la pistache s’inscrit dans une dynamique plus large de réinvention de l’agriculture face au changement climatique. Les médias, comme le quotidien néerlandais De Volkskrant, s’intéressent à cette initiative, la présentant comme un exemple d’adaptation réussie. Cependant, l’article souligne que cette transition reste fragile et dépendra de la capacité des acteurs locaux à innover et à s’adapter en temps réel.
L’article est une traduction d’un reportage publié par *De Volkskrant*, un quotidien néerlandais progressiste fondé en 1919. Initialement lié au mouvement travailliste catholique, le journal s’est laïcisé en 1965 et est aujourd’hui l’un des titres préférés des progressistes aux Pays-Bas. Il est détenu par le groupe de presse belge *Persgroep*, qui possède également plusieurs journaux flamands. *De Volkskrant* a lancé son site en 1996, avec une partie de son contenu réservée aux abonnés. L’article s’inscrit dans une série d’été consacrée à l’Europe, à l’agriculture et au changement climatique, mettant en lumière des initiatives locales face à la crise environnementale.

