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Généraliste

La contre-offensive tarifaire s’invite dans la campagne électorale québécoise

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 5 j

La stratégie ciblée et chirurgicale prônée par la PM du Québec n'a pas été suivie par Mark Carney..

Guerre commerciale en cours

Les États-Unis et le Canada sont engagés dans une guerre commerciale, c’est-à-dire un conflit où chaque pays impose des taxes supplémentaires, appelées tarifs douaniers, sur les produits importés de l’autre. Ces tarifs rendent les produits plus chers pour les consommateurs et les entreprises, ce qui peut freiner les échanges commerciaux. Dans ce cas précis, la guerre commerciale a été déclenchée par l’administration de l’ancien président américain Donald Trump, et elle se poursuit sous son successeur. Le Québec, province canadienne frontalière avec les États-Unis, est particulièrement touché car une grande partie de son économie dépend des exportations vers ce pays. Les droits de douane américains visent notamment des secteurs clés comme l’acier, les produits laitiers, les appareils ménagers et l’électronique, ce qui menace des milliers d’emplois québécois.

Réponse canadienne aux tarifs

Pour riposter, le gouvernement canadien, dirigé par le premier ministre Justin Trudeau, a annoncé le 25 août 2026 une contre-offensive tarifaire « dollar pour dollar ». Cela signifie que le Canada appliquera des tarifs douaniers de même valeur sur des produits américains, visant des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, les appareils ménagers, le matériel agricole, les pâtes et papiers ainsi que l’électronique. Cette stratégie vise à faire pression sur les États-Unis pour qu’ils retirent leurs tarifs. Parallèlement, Ottawa injectera 7,5 milliards de dollars (G$) dans l’économie canadienne pour soutenir les travailleurs et les entreprises affectés par cette guerre commerciale. Ces fonds serviront à atténuer les conséquences négatives des tarifs sur l’emploi et la compétitivité des entreprises.

Position du Québec

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, s’est dite satisfaite de la réponse canadienne, notamment parce qu’elle inclut un soutien financier direct aux travailleurs et aux entreprises québécoises touchés par les tarifs américains. Cependant, elle avait initialement prôné une approche plus ciblée et chirurgicale, c’est-à-dire une riposte plus précise et moins large, afin de minimiser les dommages collatéraux sur l’économie québécoise. Le Québec, qui est la province la plus affectée par les droits de douane américains, craint en effet que la stratégie « dollar pour dollar » ne pénalise davantage ses entreprises. Malgré cette divergence, Mme Fréchette a souligné que ses équipes analyseraient attentivement la liste des produits visés par les contre-tarifs canadiens avant de se prononcer définitivement.

Critiques de l'opposition

L’opposition au Québec conteste la stratégie fédérale. Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, estime que le Québec n’a pas été consulté ni informé des négociations, alors que des enjeux majeurs comme la gestion de l’offre (un système de quotas visant à stabiliser les prix des produits agricoles au Canada) étaient en jeu. Il craint que la contre-offensive « dollar pour dollar » ne nuise davantage aux entreprises québécoises déjà fragilisées. Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a quant à lui dénoncé l’improvisation du gouvernement québécois face à cette crise et a proposé un programme d’investissement de 1,6 milliard de dollars pour aider les entreprises et les travailleurs affectés. Il suggère notamment des prêts non remboursables pour les PME et un congé de cotisation au Fonds des services de santé (FSS), une taxe sur la masse salariale des employeurs.

Ce que ça pourrait changer

La candidate première ministre de **Québec solidaire (QS)**, **Ruba Ghazal**, a utilisé cette guerre commerciale comme un argument en faveur de l’indépendance du Québec. Selon elle, le Québec pourrait être un leader économique en adoptant une stratégie proactive, par exemple en menaçant d’augmenter les tarifs sur l’exportation d’**hydro-électricité** vers les États-Unis. Elle critique la dépendance actuelle du Québec envers Ottawa et estime que les annonces fédérales, comme les chèques d’aide, ne constituent pas une véritable stratégie, mais une simple réaction aux symptômes de la crise. QS propose plutôt une vision à long terme pour réorienter l’économie québécoise et protéger ses emplois. Le chef du **Parti conservateur du Québec**, **Éric Duhaime**, n’a pas encore réagi à cette situation.

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