NapseflowNapseflow
Recherche

Coopération, confiance en soi, curiosité… Ce que PISA nous apprend des compétences sociales et émotionnelles des élèves

The Conversation France · mis à jour il y a 8 j

L’ESSENTIEL Si les résultats de la dernière enquête PISA inquiètent, il faut les interpréter avec prudence. Les évolutions de certains pays dans le temps montrent que des réformes éducatives ouvrent des marges de progression.

PISA 2025 : résultats mitigés

La dernière enquête PISA 2025, menée par l'OCDE, évalue les compétences des élèves de 15 ans dans 81 pays, dont la France. Les résultats montrent une baisse significative des scores moyens français en mathématiques et en compréhension de l'écrit par rapport aux enquêtes précédentes, équivalente à un an et demi ou deux ans d'apprentissage perdu en dix ans. En culture scientifique, les résultats restent stables mais moyens. Ces chiffres reflètent une augmentation du nombre d'élèves en grande difficulté, représentant environ un tiers des élèves en mathématiques et en maîtrise de l'écrit, contre 20 % en moyenne dans l'OCDE. Parallèlement, la France compte moins d'élèves très performants, avec seulement 4 % en mathématiques contre 7 % en moyenne dans l'OCDE. Ces résultats soulignent les difficultés du système éducatif français à garantir des acquis solides pour tous les élèves, renforçant les inégalités sociales de performance.

Contexte scolaire français

Les résultats de PISA 2025 révèlent que les élèves français en classe de seconde générale ou technologique obtiennent des scores comparables à ceux des élèves asiatiques ou de pays comme la Lettonie ou le Royaume-Uni. Cependant, ces élèves ne représentent que 65 % des participants à l'enquête. Les 20 % d'élèves en lycée professionnel et les autres scolarisés au collège (en raison de redoublements) tirent les scores moyens vers le bas. Ce constat met en lumière les défis structurels du système éducatif français, notamment sa difficulté à offrir un niveau de base solide à tous les élèves, indépendamment de leur parcours scolaire. Les inégalités sociales de performance y sont plus marquées que dans d'autres pays de l'OCDE.

Réformes éducatives inspirantes

Malgré les résultats décevants, l'article souligne que certains pays comparables à la France, comme l'Angleterre, la Pologne ou le Portugal, ont réussi à améliorer leurs performances scolaires au fil des enquêtes PISA. Ces progrès sont souvent liés à des réformes éducatives ciblées, telles que la fixation d'objectifs chiffrés clairs, l'imposition de schémas pédagogiques standardisés, la certification des manuels scolaires, ou encore la mise en place de systèmes d'évaluation et de communication régulière des résultats. Par exemple, des programmes de tutorat précoce pour les élèves en difficulté ont montré leur efficacité. Ces exemples démontrent que des marges de progression existent pour le système éducatif français, à condition d'adopter des mesures adaptées et mesurables.

Compétences socio-émotionnelles clés

L'OCDE et de nombreuses recherches récentes mettent en avant l'importance des compétences socio-émotionnelles dans la réussite scolaire, notamment en mathématiques. Ces compétences incluent la confiance en soi, la persévérance, la curiosité, la capacité à collaborer ou encore la gestion de l'anxiété. Par exemple, une faible confiance en soi ou une anxiété élevée peut impacter négativement les performances en mathématiques. Les études de la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) révèlent que les élèves français affichent un niveau d'anxiété particulièrement marqué et une moindre confiance dans leur capacité à progresser. Ces facteurs psychologiques jouent un rôle majeur dans les apprentissages et peuvent expliquer une partie des différences de performance entre pays.

Climat scolaire et motivation

PISA 2025 révèle également que le climat des classes en France est moins favorable que dans d'autres pays. Les élèves français déclarent recevoir moins de retours individualisés sur leur travail et se sentent moins encouragés par leurs enseignants. Ces conditions affectent leur motivation et, par ricochet, leurs performances scolaires. Ce phénomène illustre ce que les chercheurs appellent «l’effet maître», où la qualité de l'encadrement pédagogique influence directement les résultats des élèves, en particulier les plus fragiles. Ces constats soulignent l'importance de repenser les pratiques pédagogiques pour créer un environnement plus stimulant et bienveillant, notamment dans un pays où les questions pédagogiques ont longtemps été négligées.

Diversité des modèles éducatifs

Les compétences socio-émotionnelles qui favorisent la réussite scolaire varient selon les pays et ne peuvent être transposées mécaniquement d'un système éducatif à un autre. Par exemple, les élèves japonais excellent en mathématiques tout en affichant un niveau d'anxiété élevé, ce qui montre que ces compétences ne suffisent pas à elles seules à garantir de bons résultats. De plus, leur impact est atténué lorsque l'on prend en compte le milieu social des élèves ou le climat général de la classe. Certains pays performants en PISA, comme la Corée du Sud, l'Estonie ou la Pologne, ne présentent pas pour autant un bien-être optimal chez leurs jeunes. Ces observations rappellent que les réformes éducatives doivent être adaptées au contexte local et ne peuvent se limiter à l'adoption de bonnes pratiques étrangères.

Ce que ça pourrait changer

PISA 2025 se concentre sur les compétences académiques des élèves de 15 ans, mais aussi sur leurs attitudes face à la science et leur *état mental*. Cependant, l'article rappelle que l'objectif de l'éducation ne se limite pas à la transmission de connaissances. Les compétences socio-émotionnelles, comme la confiance en soi ou la capacité à agir, sont des objectifs éducatifs en soi. Elles influencent non seulement les résultats scolaires, mais aussi l'insertion professionnelle à niveau de diplôme égal. En France, où le système éducatif valorise traditionnellement l'acquisition de connaissances, PISA invite à élargir cette vision pour intégrer des dimensions plus globales, comme le bien-être des élèves et leur développement personnel.

Sujets complémentaires
Mille millions de mille cyborgs ! Pourquoi les pirates informatiques demandent de plus en plus de rançons en cryptomonnaies
L’ESSENTIEL Les rançongiciels, ces logiciel bloquant l’accès à un ordinateur en volant ses données en échange d’une rançon, ont rapporté plus de 800 millions de dollars en 2025. Pour partir avec leur butin, les pirates du Web passent de plus en plus par les cryptomonnaies, plus rémunératrices et moins traçables. Les positions ambiguës des États, comme la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, brouillent encore plus les pistes pour les gendarmes financiers. Cet été , une cyberattaque d’ampleur a touché le système d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) avec le vol de données fiscales et cadastrales de 678 000 particuliers et professionnels. Les fuites : noms, prénoms, adresses po
Les faucons russes, idéologues du conservatisme modernisateur
Depuis les années 1960, des idéologues soviétiques puis russes ont développé une théorie associant traditionalisme et modernisation technologique pour promouvoir un État autoritaire de type stalinien. Leur influence ne résulte pas seulement de la diffusion de leurs idées, mais aussi de leur capacité à s’organiser en réseaux et à tirer parti d’un pluralisme idéologique toujours strictement encadré par le pouvoir. Dans son livre les Faucons russes. Des idéologues au service de l’empire. De 1960 à nos jours , paru le 17 septembre aux Presses universitaires de France, Juliette Faure, professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles, retrace la généalogie de ce mouvement et montre comment, depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ses thèmes impérialistes, anti-occidentaux et conservateurs ont retrouvé une place centrale. Extraits. Aux origines du conservatisme modernisateur</h2

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.