L’équipe marocaine que la France va affronter ce soir sera un adversaire plus redoutable qu’en 2022
Le Maroc s’est considérablement amélioré depuis la Coupe du monde au Qatar. L’article L’équipe marocaine que la France va affronter ce soir sera un adversaire plus redoutable qu’en 2022 est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Depuis la Coupe du monde au Qatar en 2022, où le Maroc avait créé la surprise en atteignant les demi-finales, l'équipe nationale a considérablement progressé. Elle figure désormais parmi les prétendants sérieux à la victoire finale du Mondial 2026. En 2022, le Maroc s'appuyait sur des individualités techniques, mais la qualité globale de l'équipe était moins homogène qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, l'équipe marocaine a atteint la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2025, remportée par la suite sur décision judiciaire après le forfait du Sénégal, et occupe le top 10 du classement FIFA. Cette progression s'explique par une meilleure structuration de la Fédération marocaine, qui dispose désormais d'un centre d'entraînement comparable à Clairefontaine, le site emblématique de la formation française.
La France, championne du monde en titre, est également en progression par rapport à 2022. Sous la direction de Didier Deschamps, l'équipe a su allier efficacité et spectacle, marquant 13 buts en 4 matchs lors des phases de poule et des huitièmes de finale du Mondial 2026, tout en n'en encaissant que 2. Cette performance a transformé la perception de l'équipe : elle est passée du statut de favorite à celui de grande favorite, voire de quasi-certaine vainqueur. L'équipe française se distingue par son jeu offensif et son plaisir apparent à jouer, ce qui contraste avec les éditions précédentes où elle était souvent critiquée pour son manque d'attractivité.
Le quart de finale opposant la France au Maroc prend une dimension particulière en raison de la forte présence de la diaspora marocaine en France. Sur les 1 248 joueurs participant au Mondial 2026, 289 évoluent pour une sélection différente de leur pays de naissance, illustrant l'internationalisation du football. Parmi eux, 99 joueurs sont nés en France, mais seuls 23 portent le maillot des Bleus. À l'inverse, six joueurs nés en France défendent les couleurs du Maroc. Parmi eux, Ayyoub Bouaddi, milieu de terrain de 18 ans né à Senlis (Hauts-de-France), a rejoint l'équipe marocaine en mai 2026 après avoir porté le brassard de capitaine dans toutes les sélections françaises de jeunes, de l'U16 à l'U21. Sa décision de représenter le Maroc plutôt que la France illustre les défis de la Fédération française pour retenir les talents à double nationalité.
La Fédération marocaine a su se structurer pour rivaliser avec les grandes nations footballistiques. Son centre d'entraînement est désormais considéré comme aussi performant que Clairefontaine, le centre de formation français. Cette amélioration s'accompagne d'un jeu plus spectaculaire et dominant, avec une meilleure exploitation du talent technique des joueurs. À l'inverse, la France a longtemps été perçue comme une équipe solide mais peu attractive. Sous Deschamps, elle a su évoluer vers un football plus offensif et plaisant à regarder, tout en conservant son efficacité. Cette transformation rend le match du 9 juillet 2026 particulièrement attendu, car il oppose deux équipes en pleine ascension, loin des stéréotypes du passé.
Le match opposant la France au Maroc ce soir s'annonce plus disputé qu'en 2022, lorsque la France l'avait emporté 2-0 en demi-finale. Le Maroc n'est plus une surprise, mais un prétendant légitime à la victoire finale. Guy Stéphan, assistant de Deschamps, a souligné que le Maroc ne se contentera plus d'un jeu défensif et réactif, mais attaquera avec plus d'ambition. Cependant, l'équipe marocaine devra composer avec l'absence de son attaquant Ismael Saibari, blessé lors du match contre le Canada. De son côté, la France devra faire face à une équipe marocaine mieux organisée et plus technique, avec des joueurs comme Achraf Hakimi, capitaine du PSG, ou Azzedine Ounahi, passé par Angers et l'Olympique de Marseille.
La Fédération française de football (FFF) fait face à un défi croissant pour retenir les jeunes talents à double nationalité. Hubert Fournier, directeur technique de la FFF, a évoqué la «perte» d'Ayyoub Bouaddi comme un exemple de cette difficulté. Il explique que la concurrence pour une place en équipe de France est extrêmement élevée, et que d'autres sélections, comme le Maroc, sont devenues plus attractives. La structuration de la Fédération marocaine et la progression de son équipe nationale rendent le choix plus difficile pour les jeunes joueurs, qui peuvent désormais envisager une carrière internationale avec des chances réelles de succès.

