Diarrhée explosive aux États-Unis : ce que l’on sait
De la laitue iceberg du Mexique servie chez Taco Bell est la source d’une épidémie de cyclosporose..
Une épidémie de cyclosporose (une maladie gastro-intestinale causée par le parasite Cyclospora) sévit aux États-Unis depuis plusieurs semaines. Ce parasite, présent dans des aliments contaminés, provoque une diarrhée aqueuse et parfois explosive, accompagnée de nausées, vomissements, crampes, fatigue et fièvre légère. Les symptômes peuvent durer de quelques jours à sept semaines. Près de 7000 personnes dans plus de 30 États américains ont été touchées depuis mai 2024, selon les données provisoires des CDC (Centers for Disease Control and Prevention, équivalent américain de Santé publique France). Ce chiffre dépasse largement le précédent record de 4700 cas enregistré en 2019. La maladie n’est pas contagieuse entre humains et se traite généralement par antibiotiques. Elle est contractée en ingérant des fruits ou légumes contaminés, comme la laitue iceberg importée du Mexique et servie dans des restaurants Taco Bell de cinq États : l’Indiana, le Kentucky, le Michigan, l’Ohio et la Virginie-Occidentale.
La source de la contamination a été identifiée comme étant la laitue iceberg en provenance du Mexique, servie dans des restaurants Taco Bell de cinq États américains. Le parasite Cyclospora se transmet principalement par l’ingestion d’aliments contaminés par de l’eau usée contenant des matières fécales humaines. Le Mexique a connu une année météorologique inhabituelle avec de nombreuses tempêtes, ce qui a pu favoriser la contamination des eaux agricoles utilisées pour l’irrigation. Les légumes à feuilles vertes (laitue, mûres, framboises) et les herbes aromatiques (coriandre) sont souvent impliqués dans les épidémies de cyclosporose, car le parasite adhère fortement à leur surface. Une cuisson ou une congélation des aliments permet de détruire le parasite.
Au Canada, 85 cas de cyclosporose ont été signalés au Québec en 2024, principalement chez des personnes ayant voyagé au Mexique. Cinq cas ont également été recensés en Alberta, dont quatre liés à des voyages récents dans ce pays. Aucune contamination locale n’a été identifiée au Canada, selon l’Agence de la santé publique du Canada, qui assure la surveillance des aliments importés. Les voyageurs canadiens sont donc plus exposés à cette maladie à l’étranger, notamment dans les régions où les normes de traitement des eaux usées sont moins strictes. Les autorités sanitaires canadiennes rappellent que la cyclosporose n’est pas mortelle et se soigne par antibiotiques.
Aux États-Unis, la situation est différente en raison d’une faille dans la surveillance sanitaire. Depuis 2025, la cyclosporose n’est plus une maladie à déclaration obligatoire, ce qui signifie que les cas ne sont plus systématiquement signalés aux CDC. Ces derniers enregistrent les infections, mais leurs données sont souvent en retard par rapport à celles des services de santé locaux. Cette absence de suivi en temps réel complique la détection rapide des épidémies. Les experts soulignent la nécessité d’un système renforcé pour surveiller les aliments importés, notamment en contrôlant les normes d’hygiène pendant leur production. Les CDC restent l’organisme de référence pour le suivi des maladies infectieuses aux États-Unis.
Pour limiter les risques d’infection, les experts recommandent d’éviter la consommation d’aliments faisant l’objet d’un rappel et de privilégier les produits locaux lorsque cela est possible. Les voyageurs sont invités à la vigilance, surtout dans les régions où la cyclosporose est présente, comme le Mexique. Une cuisson ou une congélation des aliments permet de détruire le parasite *Cyclospora*. Au Québec, les autorités sanitaires estiment qu’il n’y a pas de raison de s’alarmer, car les systèmes de surveillance fédéraux et provinciaux fonctionnent normalement. Les chercheurs rappellent que le parasite adhère fortement aux végétaux, ce qui rend un simple lavage insuffisant pour l’éliminer.

