La fin du démarchage téléphonique en France “pourrait affecter jusqu’à 50 000 emplois” au Maroc
Depuis le 11 août, la France interdit le démarchage téléphonique auprès des particuliers sans consentement préalable. Une nouvelle réglementation qui touche directement les centres d’appels marocains, nombreux à travailler pour le marché français.
Depuis le 11 août 2026, la France a instauré une interdiction stricte du démarchage téléphonique auprès des particuliers sans leur consentement préalable. Auparavant, le système reposait sur une logique d’opposition : les consommateurs pouvaient s’inscrire sur une liste appelée Bloctel pour refuser les appels commerciaux. Désormais, les entreprises doivent prouver qu’elles ont obtenu l’accord explicite des clients avant de les contacter. Cette réforme s’applique aussi aux entreprises étrangères travaillant pour des sociétés françaises, comme les centres d’appels marocains. L’objectif est de mieux protéger les consommateurs contre les sollicitations indésirables, mais elle impacte directement un secteur économique clé pour le Maroc.
Le Maroc est particulièrement concerné par cette mesure, car son secteur des centres d’appels est historiquement très lié au marché français. Selon Younes Sekkouri, ministre marocain de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, entre 40 000 et 50 000 emplois pourraient être affectés dans le royaume. Cette estimation concerne principalement les petites entreprises spécialisées dans la télévente, qui dépendent fortement des appels commerciaux vers la France. Les grandes entreprises du secteur avaient déjà commencé à diversifier leurs activités, mais les plus petites structures restent très exposées à ce changement réglementaire.
La Fédération nationale des centres d’appels et des métiers de l’offshoring (FNCAMO) au Maroc minimise cependant l’ampleur de la crise. Selon elle, le risque est moins alarmant que ne le suggère le chiffre de 50 000 emplois, bien que la situation reste à surveiller. Cette divergence de vues entre les autorités et le patronat reflète les incertitudes quant aux conséquences réelles de la réforme française. Le secteur marocain des centres d’appels, qui emploie des dizaines de milliers de personnes, doit désormais s’adapter rapidement pour limiter l’impact économique de cette décision.
Les centres d’appels marocains jouent un rôle majeur dans l’économie du pays, notamment grâce à leur proximité linguistique et culturelle avec la France. Des entreprises comme l’assureur français Axa y ont longtemps externalisé leurs services clients. Rabat est devenu un hub important pour l’*offshoring*, c’est-à-dire l’externalisation des activités de service vers des pays à moindre coût. Cette industrie génère des milliers d’emplois et contribue significativement aux exportations de services du Maroc. La réforme française pourrait donc fragiliser un pilier de l’économie marocaine, déjà confronté à des défis de compétitivité.

