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Comment Londres, Paris et New York faisaient face aux canicules avant la climatisation

The Conversation France · mis à jour il y a 22 j

Les canicules qui frappent aujourd’hui Londres, Paris et New York ne sont pas inédites. Dès le XIX e siècle, les habitants de ces métropoles inventaient déjà des stratégies pour échapper à la chaleur, révélatrices des profondes inégalités sociales.

Canicules urbaines historiques

Les villes comme Londres, Paris et New York ont toujours connu des vagues de chaleur extrême, bien avant l’invention de la climatisation. Dès le XIXe siècle, ces métropoles, densément construites avec du béton, de l’asphalte et du verre, amplifiaient la chaleur grâce à un phénomène appelé îlot de chaleur urbain. Ce concept désigne l’écart de température entre les zones urbaines, plus chaudes, et les zones rurales environnantes. Par exemple, New York présente l’un des effets d’îlot de chaleur les plus marqués des États-Unis, où la chaleur tue chaque année plus de 500 habitants. Ces épisodes aggravent les inégalités sociales et raciales, car les populations les plus vulnérables, souvent contraintes de rester en ville, subissent des conditions plus difficiles.

Stratégies londoniennes

À Londres, les habitants du XIXe et XXe siècles développaient des astuces pour échapper à la chaleur étouffante des logements urbains. Les Londoniens les plus pauvres se réfugiaient dans les espaces publics, comme les parcs ou les fontaines, ou profitaient des lidos (piscines de plein air) pour se baigner. D’autres montaient sur les toits des immeubles pour profiter des courants d’air plus frais. Les plus aisés, eux, utilisaient des technologies accessibles à l’époque : achat de glace importée de Norvège ou emploi de domestiques pour actionner des éventails. Ces solutions reflétaient les profondes inégalités sociales, où la capacité à supporter la chaleur dépendait largement des ressources financières.

Solutions parisiennes

À Paris, les habitants des XIXe et XXe siècles cherchaient aussi à fuir la chaleur, notamment en profitant des parcs et des arbres plantés le long des avenues, aménagés lors des travaux haussmanniens. La Seine, bien que polluée, attirait ceux qui bravaient l’interdiction de baignade pour se rafraîchir. Les Parisiens les plus riches utilisaient de la glace, importée ou récoltée en hiver et conservée dans des glacières, jusqu’à ce que la réfrigération artificielle la rende plus accessible après les années 1870. Au XXe siècle, des pratiques comme les terrasses de café ou les fontaines publiques sont devenues des symboles de la vie estivale, tout en restant des refuges contre la chaleur.

Adaptations new-yorkaises

À New York, les immeubles populaires voyaient leurs toits transformés en dortoirs improvisés la nuit pour échapper à la chaleur étouffante des appartements. Les plus pauvres dormaient sur les escaliers de secours, tandis que les riches quittaient la ville pour leurs résidences campagnardes, surnommés les «réfugiés de la chaleur». Pour se rafraîchir en extérieur, les New-Yorkais se rendaient à la plage ou organisaient des fêtes de quartier avec des blocs de glace achetés dans les bodegas (petites épiceries). Une pratique emblématique consistait à ouvrir les bouches d’incendie pour créer des jets d’eau, une tradition encore associée aux étés new-yorkais aujourd’hui.

Ce que ça pourrait changer

Depuis le début du XXIe siècle, les villes ont pris conscience des risques liés aux canicules et ont mis en place des stratégies pour y faire face. Paris a lancé un *plan canicule* en 2004, après la vague de chaleur meurtrière de 2003, pour améliorer la résilience de la capitale. À New York, la climatisation est devenue un enjeu politique central, avec des organisations militant pour un *«droit à la fraîcheur»* (*right to cooling*). Cependant, cette solution pose un paradoxe : si elle sauve des vies en s’adaptant à la chaleur, elle aggrave aussi le changement climatique en augmentant la consommation d’énergie. En mai 2026, le *Climate Change Committee* britannique a alerté sur les menaces que la chaleur fait peser sur le mode de vie des Britanniques.

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