Erin Brooks, la surfeuse canadienne qui fait tourner les têtes
La Canadienne de 19 ans pourrait être l'une des plus grandes vedettes à Los Angeles, selon Dominick Gauthier..
Erin Brooks est une surfeuse canadienne âgée de 19 ans, originaire d’Hawaï, qui s’impose comme l’une des figures montantes du surf mondial. Elle a remporté sa première victoire sur le circuit professionnel de la World Surf League (WSL) en 2026, lors d’une compétition à Teahupo’o, à Tahiti, un spot réputé pour ses vagues puissantes et dangereuses. Ce succès n’était pas un hasard : elle a confirmé sa performance en enchaînant avec une autre victoire aux Fidji, où elle a réalisé une vague notée 10/10, un exploit rare. Seules 10 femmes ont obtenu cette note parfaite dans l’histoire de la WSL. Son parcours est marqué par une détermination précoce, puisqu’elle avait déjà 16 ans lors de sa première tentative de qualification pour les Jeux olympiques de Paris en 2024, où elle avait été éliminée malgré son adaptation exceptionnelle à la vague de Teahupo’o.
Erin Brooks est née aux États-Unis, mais son père, américain, possède la double citoyenneté canadienne en raison de ses origines montréalaises. Pour représenter le Canada aux Jeux olympiques, Erin a dû faire reconnaître sa propre citoyenneté canadienne, un processus juridique complexe qui a duré plusieurs années. Avec le soutien de Surf Canada (la fédération nationale de surf) et du Comité olympique canadien (COC), elle a obtenu gain de cause en 2024, quelques mois avant les Jeux de Paris. Ce choix n’était pas anodin : elle a toujours exprimé sa fierté de porter les couleurs du Canada, notamment la feuille d’érable, et a déclaré vouloir défendre ce pays aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
Les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 incluront pour la deuxième fois de l’histoire une épreuve de surf, après Paris en 2024. La compétition se déroulera à Trestles, en Californie, sur une vague différente de celle de Tahiti : moins puissante mais plus propice aux manœuvres aériennes. Erin Brooks, qui s’est d’abord distinguée par sa maîtrise des vagues puissantes comme celles de Teahupo’o ou de Pipeline à Hawaï, travaille désormais à développer ses compétences dans les airs. Elle est entraînée par Trennon Paynter, un Canadien spécialiste de l’entraînement aérien, ancien skieur de bosses médaillé aux Jeux. Son objectif est de combiner puissance et agilité pour performer sur ce nouveau type de vague.
La question de la nationalité d’Erin Brooks resurgit régulièrement, car le surf professionnel américain offre des revenus bien plus élevés que le circuit canadien. Par exemple, les stars américaines du surf génèrent des millions de dollars, tandis que Surf Canada, la fédération nationale, dispose de moyens limités et a même perdu une partie de son financement public ces dernières années. Cette situation soulève un enjeu plus large : le Canada parviendra-t-il à soutenir financièrement et logistiquement une athlète d’un tel calibre pour lui permettre de viser une médaille à Los Angeles ? Erin Brooks incarne en effet l’une des meilleures chances de médaille pour le Canada en 2028, mais son avenir dépend aussi des choix politiques et économiques du pays.
Le surf évolue rapidement, notamment sous l’influence des sports acrobatiques. Les vagues restent un élément clé, mais les surfeurs doivent désormais maîtriser des manœuvres aériennes pour se démarquer. Erin Brooks illustre cette transition : elle combine une expertise dans les vagues puissantes avec un apprentissage des figures en l’air, comme les *aerials* ou les *flips*. Son entraîneur, Trennon Paynter, a adapté ses méthodes issues du ski acrobatique pour optimiser ses performances. Cette polyvalence est devenue indispensable pour rivaliser au plus haut niveau, où les juges notent à la fois la difficulté des manœuvres et leur exécution.

