Afghanistan : un an d’exclusion pour les employées afghanes de l’ONU, un avenir qui se ferme pour les filles
Un an après l’interdiction faite aux employées afghanes des Nations Unies d’accéder aux locaux de l’Organisation dans tout le pays, le Secrétaire général réclame la levée immédiate de cette mesure. L’ONU estime qu’elle entrave l’aide destinée aux femmes et aux filles, alors que les besoins humanitaires restent considérables..
Depuis le 7 septembre 2025, les employées et prestataires afghanes de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ne peuvent plus accéder à ses locaux en Afghanistan. Cette mesure est qualifiée d’historique car elle est la première du genre dans les 80 ans d’existence de l’ONU. La Représentante spéciale d’ONU Femmes en Afghanistan, Susan Ferguson, a souligné qu’aucune autre femme au monde n’est empêchée d’entrer dans les bureaux de l’ONU en raison de son sexe. Cette interdiction s’inscrit dans une série de restrictions imposées aux femmes et aux filles afghanes, notamment en matière d’éducation, d’emploi, de déplacements et de participation à la vie publique. L’ONU considère que ces mesures violent les droits fondamentaux et freinent le développement économique et la stabilité du pays.
Le Secrétaire général de l’ONU a marqué le premier anniversaire de cette interdiction en exigeant sa levée immédiate. Dans une déclaration, il a rappelé que ces restrictions entravent l’aide humanitaire destinée aux femmes et aux filles, alors que les besoins restent considérables. L’ONU estime que l’accès des employées afghanes à leurs lieux de travail est indispensable pour remplir son mandat et venir en aide aux populations vulnérables. Le Secrétaire général a réitéré son appel aux autorités de facto talibanes (le gouvernement afghan actuel) pour qu’elles annulent cette mesure et garantissent un accès sûr aux locaux onusiens. Il a également souligné que ces restrictions violent les droits humains et compromettent la réintégration de l’Afghanistan dans la communauté internationale.
Malgré l’interdiction, les employées afghanes de l’ONU ont continué à travailler en soutenant des organisations locales, en aidant les femmes à accéder à des moyens de subsistance et en fournissant des soins de santé, une aide financière et un soutien psychosocial. Cependant, les restrictions affaiblissent considérablement la capacité de l’ONU à atteindre les femmes et les filles afghanes. Susan Ferguson, de l’ONU Femmes, a expliqué que l’aide doit souvent être fournie par des femmes pour des femmes, en raison du contexte culturel afghan. Sans personnel féminin local, l’ONU ne peut pas distribuer une aide adaptée aux besoins spécifiques des Afghanes et de leurs familles. Cette situation aggrave les défis humanitaires dans un pays où les besoins restent immenses.
Les restrictions imposées aux femmes et aux filles en Afghanistan ont également des conséquences dramatiques pour les enfants, qui représentent la majorité de la population. **Richard Bennett**, le **Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits humains en Afghanistan**, a dénoncé dans un rapport un système qui prive les enfants de leurs droits à une éducation inclusive, à la liberté d’expression et à la participation sociale. Il a alerté sur l’interdiction de l’éducation des filles au-delà de la **sixième année**, ainsi que sur l’exposition des enfants à des violences comme les mariages forcés, le travail des enfants et l’endoctrinement. Bennett a averti que ces politiques ne violent pas seulement les droits des enfants aujourd’hui, mais compromettent aussi leur capacité à construire leur avenir. Il a appelé à rétablir l’accès des filles à une éducation complète et à financer des parcours alternatifs d’apprentissage pour elles.

