Afghanistan : un an d’exclusion pour les employées afghanes de l’ONU, un avenir qui se ferme pour les filles
Un an après l’exclusion systématique des employées afghanes des locaux de l’ONU, l’organisation internationale dénonce une mesure sans précédent qui s’inscrit dans une stratégie plus large de marginalisation des femmes et des filles en Afghanistan. Cette exclusion, couplée à l’interdiction de l’éducation des filles au-delà du primaire, révèle une volonté de contrôle social qui menace non seulement les droits fondamentaux, mais aussi la stabilité économique et la résilience du pays, déjà fragilisé par une crise humanitaire persistante.
Quelle est la nature exacte de la mesure prise par les autorités talibanes à l’encontre des employées afghanes de l’ONU ?
Depuis le 7 septembre 2025, les employées et prestataires afghanes de l’ONU se voient interdire l’accès à tous les locaux et installations de l’Organisation dans le pays, une décision qualifiée d’"historique" par l’ONU en raison de son caractère inédit et discriminatoire à l’échelle mondiale.
Quels sont les impacts concrets de cette exclusion sur l’aide humanitaire en Afghanistan ?
L’interdiction affaiblit significativement la capacité de l’ONU et de ses partenaires à atteindre les femmes et les filles afghanes, car leur aide doit souvent être dispensée par des femmes pour des raisons culturelles. Les employées afghanes jouaient un rôle clé dans la distribution de soins, d’aides financières et de soutien psychosocial, désormais compromis.
Quels autres droits des femmes et des filles sont menacés en Afghanistan, au-delà de l’accès à l’emploi onusien ?
Les restrictions s’étendent à l’éducation (interdiction pour les filles au-delà de la sixième année), aux déplacements, à la participation à la vie publique et à la liberté d’expression. Ces mesures s’accompagnent d’une hausse des violences fondées sur le genre, des mariages forcés et du travail des enfants, normalisant une discrimination systémique.
Quelle est la position de la communauté internationale face à cette situation ?
Le Secrétaire général de l’ONU a exigé la levée immédiate de l’interdiction, tandis que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits humains en Afghanistan appelle à rétablir l’accès à une éducation complète pour les filles et à financer des parcours alternatifs d’apprentissage, soulignant l’urgence d’une réponse coordonnée.
Ce que ça pourrait changer
Cette exclusion systémique risque d’aggraver la crise humanitaire en privant l’Afghanistan d’une main-d’œuvre qualifiée et d’un levier essentiel pour l’autonomisation des femmes, déjà en situation de vulnérabilité extrême. À plus long terme, la normalisation de telles restrictions pourrait fragiliser la stabilité du pays en alimentant un cycle de marginalisation sociale et économique, tout en sapant la légitimité des autorités de facto sur la scène internationale.

