Un tribunal juge illégal le bannissement d’Anthropic ordonné par l’administration Trump
Le gouvernement a puni l'entreprise pour avoir critiqué publiquement l'administration Trump, selon la juge..
Un tribunal fédéral américain a jugé illégales les sanctions imposées en février 2026 par l’administration du président Donald Trump contre l’entreprise d’intelligence artificielle (IA) Anthropic. La juge Rita Lin, basée à San Francisco, a estimé que ces mesures, qui visaient à interdire l’utilisation des outils d’Anthropic par les agences fédérales, étaient disproportionnées et contraires au droit. Elle a souligné que l’invocation de la sécurité nationale ne pouvait servir de prétexte pour punir une entreprise ayant critiqué publiquement une institution gouvernementale. La décision, rendue le 27 août 2026, annule officiellement le statut d’Anthropic comme entreprise à risque pour la chaîne d’approvisionnement américaine, une désignation jusqu’alors réservée aux sociétés étrangères. Le gouvernement dispose d’un délai pour faire appel.
Le différend entre Anthropic et l’administration Trump trouve son origine dans le refus de l’entreprise de collaborer avec le Pentagone pour des applications militaires controversées. En février 2026, Anthropic a refusé de permettre à l’armée américaine d’utiliser son chatbot Claude pour des armes létales entièrement autonomes ou pour la surveillance de masse des citoyens américains. Ces refus ont provoqué la colère de Donald Trump, qui a qualifié Anthropic de gauche radicale hors de contrôle. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a alors classé Anthropic comme une entreprise à risque, une mesure exceptionnelle normalement réservée aux sociétés étrangères jugées dangereuses pour les intérêts nationaux. La juge Lin a révélé que le gouvernement avait abandonné en cours de procès son argument selon lequel Anthropic pouvait saboter ses modèles d’IA, se contentant d’invoquer une perte de confiance due aux critiques publiques de l’entreprise.
Bien que la juge Lin ait bloqué la majorité des sanctions, une partie des mesures reste en vigueur. Une deuxième sanction, prise le même jour que la première, exclut toujours Anthropic des contrats militaires américains en attendant une décision d’un tribunal de Washington. Ce tribunal a refusé en avril 2026 de suspendre cette mesure, ce qui signifie qu’Anthropic ne peut pas encore fournir ses outils à l’armée. La juge Lin a rappelé que le Pentagone conservait le droit de choisir un autre fournisseur d’IA. Anthropic a réagi en affirmant vouloir collaborer avec le gouvernement pour mettre l’IA au service de la sécurité nationale, tout en défendant son refus initial de participer à des projets controversés. La situation reste donc partiellement bloquée, avec une issue incertaine.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions accrues aux États-Unis autour de l’utilisation de l’intelligence artificielle par les institutions publiques. Donald Trump, connu pour son approche protectionniste et son soutien à une utilisation extensive de la technologie pour la défense nationale, a adopté une posture ferme face aux entreprises technologiques critiques envers ses politiques. La décision du tribunal de San Francisco marque un revers pour son administration, qui avait tenté de justifier ses sanctions par des arguments de *sécurité nationale*. La juge Lin a rejeté cette justification, rappelant que la critique publique ne pouvait être punie au nom de la raison d’État. Cette affaire illustre aussi les débats en cours sur l’éthique de l’IA et son rôle dans les conflits armés, un sujet qui divise les experts et les décideurs politiques.

