NapseflowNapseflow
Géopolitique

En Colombie, le président De la Espriella s’attaque à la mémoire du conflit armé

Courrier International · mis à jour il y a 6 j

En nommant D’Mar Córdoba, un critique des accords de paix avec les Farc, à la tête de l’institution chargée de préserver la mémoire du conflit, le président d’extrême droite ouvre un nouveau front contre l’héritage de la paix signée en 2016..

Nouveau président colombien

Abelardo de la Espriella, investi président de la Colombie le 7 août 2026, mène un projet politique ambitieux visant à modifier la manière dont l’État colombien raconte son histoire récente. Pour y parvenir, il a nommé D’Mar Córdoba à la tête du Centre national de la mémoire historique, une institution chargée d’enquêter, préserver et diffuser la mémoire du conflit armé colombien qui dure depuis soixante ans. Ce conflit, opposant principalement l’État à des guérillas d’extrême gauche comme les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), a causé des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. De la Espriella, représentant une ligne politique d’extrême droite, cherche ainsi à réécrire le récit national en s’attaquant à l’héritage des accords de paix signés en 2016 avec les FARC, qui avaient mis fin à plus de cinquante ans de guerre.

D’Mar Córdoba, figure controversée

D’Mar Córdoba, avocat et animateur de l’émission de radio L’heure de la vérité, est connu pour ses positions critiques envers les accords de paix avec les FARC. Il est surnommé un négationniste du conflit armé car il remet en cause l’existence même d’un conflit interne en Colombie, le qualifiant de terrorisme plutôt que de guerre civile. Cette vision s’inscrit dans la continuité des mandats du président Álvaro Uribe (2002-2010), également d’extrême droite, qui refusait de reconnaître le statut politique des guérillas pour éviter de légitimer leurs actions. Córdoba a notamment déclaré sur le réseau social X que le récit du conflit armé avait été instrumentalisé pour présenter les guérillas sous un jour favorable. Son rôle au sein du Centre national de la mémoire historique pourrait donc conduire à une révision, voire une minimisation, des violences commises pendant le conflit.

Enjeux de la mémoire historique

Le Centre national de la mémoire historique, créé pour documenter les violations des droits humains et les crimes de guerre commis pendant le conflit, joue un rôle clé dans la construction de la mémoire collective colombienne. Depuis 2016, les accords de paix avec les FARC ont permis des avancées significatives, comme la reconnaissance des victimes et la mise en place de mécanismes de réparation. Cependant, la nomination de Córdoba à sa tête risque de fragiliser ces efforts. Les institutions comme Razón Pública et la revue Cambio soulignent que cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à nier la réalité du conflit, ce qui pourrait alimenter les tensions politiques et sociales en Colombie. La mémoire historique est souvent un sujet sensible dans les pays sortant d’un conflit, car elle détermine la manière dont une société se reconstruit et se réconcilie.

Ce que ça pourrait changer

La Colombie est un pays profondément divisé, où les questions de mémoire et de réconciliation restent des sujets de débat intense. Le président De la Espriella, comme son prédécesseur Uribe, appartient à une droite radicale qui considère les guérillas comme des groupes criminels plutôt que comme des acteurs politiques. Cette vision s’oppose à celle des gouvernements précédents, comme celui de Gustavo Petro (2022-2026), premier président de gauche du pays, qui avait tenté de promouvoir une politique de paix et de mémoire historique plus inclusive. La nomination de Córdoba reflète donc un virage politique majeur, avec des conséquences potentielles sur la stabilité du pays et la cohésion sociale, alors que la Colombie tente encore de se remettre des décennies de violence.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.