“Un nouvel état de conscience avec l'ayahuasca” : le “sentiment océanique" par Mathilde Ramadier
En 2022, la philosophe Mathilde Ramadier a participé à une cérémonie d’ayahuasca, une décoction traditionnelle amazonienne composée de deux plantes dont l’une contient de la *DMT* (diméthyltryptamine), une molécule psychédélique. Cette expérience s’est déroulée dans un contexte personnel marqué par la fin d’un cycle en psychanalyse, un deuil (la perte de son père) et un désir de changement après onze ans d’expatriation. Ramadier décrit une phase initiale angoissante, appelée la *« montée »*, où les perceptions se déforment et où le réel semble se tordre, évoquant une *« mort symbolique »*. Après cette étape, elle a basculé dans un nouvel état de conscience, qu’elle a vécu comme une *« nouvelle normalité »* pendant plusieurs heures.
En 2022, la philosophe Mathilde Ramadier a participé à une cérémonie d’ayahuasca, une décoction traditionnelle amazonienne composée de deux plantes dont l’une contient de la DMT (diméthyltryptamine), une molécule psychédélique. Cette expérience s’est déroulée dans un contexte personnel marqué par la fin d’un cycle en psychanalyse, un deuil (la perte de son père) et un désir de changement après onze ans d’expatriation. Ramadier décrit une phase initiale angoissante, appelée la « montée », où les perceptions se déforment et où le réel semble se tordre, évoquant une « mort symbolique ». Après cette étape, elle a basculé dans un nouvel état de conscience, qu’elle a vécu comme une « nouvelle normalité » pendant plusieurs heures.
Lors de son expérience, Ramadier a ressenti ce qu’elle décrit comme un « sentiment océanique », un concept popularisé par le philosophe Romain Rolland au début du XXe siècle. Ce terme désigne une sensation d’appartenance à quelque chose de plus vaste que soi, où la frontière entre l’individu et le monde extérieur s’estompe. Elle compare cette expérience à la « dissolution du moi », un phénomène étudié en psychologie des psychédéliques, où la conscience d’être un être séparé disparaît au profit d’un sentiment d’unité avec l’univers. Elle évoque aussi une impression d’être « à la fois pleine de tout le réel qui l’entoure et vide d’elle-même », une sensation qu’elle qualifie de « délicieuse ».
Le « sentiment océanique » vécu par Ramadier s’apparente à une dissolution temporaire de l’ego, c’est-à-dire de la perception que l’on a de soi comme une entité distincte du reste du monde. Elle explique que cette expérience n’a pas été aussi intense que celle décrite par Aldous Huxley dans Les Portes de la perception, où ce dernier affirme avoir felt être à l’intérieur des pieds d’un meuble en bambou. Cependant, elle confirme avoir approché une forme d’élargissement de la conscience, où les limites de l’identité individuelle s’effacent. Ce phénomène est souvent associé à une augmentation de l’empathie, permettant de percevoir les émotions ou les visions d’autrui comme les siennes.
Mathilde Ramadier souligne l’importance du contexte dans lequel s’est déroulée son expérience. Elle précise avoir mené des recherches approfondies sur l’ayahuasca avant de participer à la cérémonie, notamment sur ses effets et ses rituels. Elle mentionne aussi l’« appel de la plante », une expression utilisée par les chamanes amazoniens pour désigner un besoin intérieur d’explorer de nouvelles perspectives, souvent lié à des questionnements personnels ou spirituels. Son récit met en lumière le rôle des « soigneurs », des guides expérimentés qui encadrent ces cérémonies en Europe, où l’ayahuasca est consommée hors de son cadre traditionnel amazonien.
L’expérience de Ramadier a inclus des visions de paysages et de personnes qu’elle aime, un phénomène qu’elle rapproche de l’introjection, un mécanisme psychologique où l’individu intègre des éléments externes à son propre vécu. Elle décrit une sensation diffuse de se sentir « très pleine de tout le réel qui l’entoure » tout en étant « vide d’elle-même ». Les recherches scientifiques citées dans l’article suggèrent que les substances psychédéliques comme l’ayahuasca peuvent renforcer l’empathie, permettant de ressentir ce que d’autres personnes éprouvent. Ces effets sont souvent recherchés par les participants, qui y voient une opportunité de mieux comprendre autrui ou soi-même.
Le récit de Ramadier s’inscrit dans un cadre temporel précis : son expérience a eu lieu en 2022, à la fin d’un cycle de psychanalyse, après le décès de son père et la naissance de son deuxième enfant. Ces événements ont influencé sa perception de l’ayahuasca, qu’elle décrit comme une réponse à un *« besoin d’explorer les questionnements qui la taraudaient sous un angle nouveau »*. Son livre *Au-delà du moi*, publié en 2025, témoigne de cette expérience et s’ajoute à d’autres travaux où elle aborde des thèmes comme la musique électronique (*Garnier*, 2025) ou le sublime (*Renouer avec la terre*, 2025).

