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Généraliste

Abolir Santé Québec pour reconstruire le réseau

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

Il faut remettre sur pied un réseau bien implanté dans ses différents milieux qui peut encore bien nous servir..

Santé Québec en question

Le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, propose d'abolir Santé Québec, une organisation créée pour centraliser la gestion du réseau de la santé au Québec. Cette centralisation, amorcée il y a une vingtaine d'années sous les gouvernements Couillard, Barrette et Dubé, visait à uniformiser les normes et les statistiques à l'échelle de la province. Cependant, selon l'auteur, cette approche a échoué car elle ne permet pas de gérer efficacement la complexité et la diversité des besoins en santé d'une population entière. Santé Québec est décrit comme un établissement gigantesque, comparable à une succursale de la SAQ (Société des alcools du Québec), où les hôpitaux et autres établissements de santé perdent leur identité propre. Par exemple, les noms officiels des hôpitaux sont modifiés pour inclure celui du CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux) ou du CISSS (Centre intégré de santé et de services sociaux) dont ils dépendent, et leur autonomie est réduite.

Problèmes de centralisation

La centralisation du réseau de la santé a entraîné plusieurs problèmes concrets. Les établissements, surtout en région, voient leur identité s'effacer progressivement. Leur nom officiel est modifié pour inclure celui de leur CIUSSS ou CISSS de rattachement, et leur adresse Internet est remplacée par celle de ces structures. De plus, les dons privés, essentiels pour certains établissements comme l'Institut de cardiologie de Montréal ou des maisons de soins palliatifs, doivent désormais transiter par ces structures intermédiaires. Les CIUSSS et CISSS sont des entités administratives créées pour gérer les établissements de santé à l'échelle régionale. Cependant, leur multiplication a alourdi le système, rendant le réseau moins flexible et plus coûteux. L'auteur souligne que cette centralisation a également réduit l'autonomie des établissements, qui ne peuvent plus prendre des décisions adaptées à leur milieu spécifique.

Solution : décentralisation

Pour remédier à ces problèmes, l'auteur propose une décentralisation complète du réseau de la santé. Cela signifie redonner aux établissements (hôpitaux, CLSC, CHSLD) leur autonomie de gestion en rétablissant des conseils d'administration locaux, composés de membres issus de leur milieu. Ces conseils pourraient mieux servir les besoins spécifiques de chaque région et redonner aux citoyens un sentiment de fierté et de responsabilité envers leurs établissements. Par exemple, les établissements comme l'Institut de cardiologie de Montréal ou le CHU Sainte-Justine, qui ne font pas partie du système centralisé, bénéficient déjà de cette autonomie et sont reconnus pour la qualité de leurs services. La décentralisation permettrait également de supprimer les structures intermédiaires inutiles, comme les CIUSSS et CISSS, et de réaffecter leurs employés vers des postes de première ligne, où les besoins sont criants.

Rôle du ministère

Le ministère de la Santé du Québec devrait également se réformer pour adopter un rôle d'accompagnateur plutôt que de contrôleur. Au lieu de surveiller les moyens employés par les établissements, il devrait se concentrer sur les résultats obtenus. Cette approche permettrait de réduire les effectifs du ministère et de simplifier la bureaucratie. Le ministère pourrait ainsi jouer un rôle de coordination et d'évaluation, en laissant les établissements gérer leurs propres opérations. Cette réforme s'inscrit dans une logique de décentralisation, où chaque région et chaque établissement serait responsable de ses propres performances. L'objectif est de créer un réseau de santé plus agile, moins coûteux et mieux adapté aux réalités locales, tout en maintenant une certaine émulation entre les établissements pour stimuler l'innovation et la qualité des soins.

Ce que ça pourrait changer

La décentralisation présente des avantages majeurs, comme la restauration de l'identité locale des établissements et la réduction des coûts administratifs liés à la centralisation. Elle permettrait également de réaffecter les ressources humaines vers des postes plus utiles, comme les soins directs aux patients. Cependant, cette approche implique que les établissements diffèrent les uns des autres, ce qui peut être perçu comme un défaut. Pourtant, l'auteur souligne que cette diversité peut être un atout, car elle favorise une émulation positive entre les établissements. L'objectif n'est pas seulement de supprimer un système lourd et coûteux, mais de reconstruire un réseau de santé bien ancré dans ses milieux, avec lequel les citoyens peuvent s'identifier et contribuer activement. L'auteur insiste sur l'urgence d'agir, car la perte d'identité des établissements et l'hypertrophie administrative menacent la qualité et l'accessibilité des soins au Québec.

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